Kit de survie à l’ennui #3 : Week-end à mille pages

Parmi les milles et unes activités que nous sommes censés commencer ou reprendre en ces temps de confinement, la lecture est peut-être la plus commode pour nos courbatures et la moins bourrative pour nos estomacs. Je vous propose cependant de contredire cette supposition ce week-end, ou un autre, parce qu’on n’est pas sortis de nos deux pièces.

 

Le week-end à milles pages est un challenge très connu des sphères lectrices des réseaux sociaux, incluant youtube et notamment le booktube, soit les vidéastes spécialisés dans le partage de leurs lectures. Il consiste, je vous le donne en mille, à lire autant de pages en un week-end, soit du vendredi soir minuit au dimanche soir, même heure.

Le challenge suit un calendrier strict mis en ligne sur un groupe facebook et le prochain tombe justement ce week-end (du 17 au 19 avril 2020 pour les lecteurs du futur). Il est alors de coutume de partager une « pal » soit une « pile à lire » ce qui permet de discuter avec les autres challengers de nos futures lectures et de se fixer un objectif plus ou moins précis. Car 1000 pages c’est beaucoup et j’imagine qu’il peut être aisé de s’égarer sans avoir une idée plus ou moins claire de ce qui nous attend pendant ces heures de lecture acharnées.

J’ai donc fureté dans ma bibliothèque pour y piocher mes futurs compagnons. Je dépasse les 1000 pages pour me réserver l’opportunité de changer d’avis.

Pierre-François Souyri, Histoire du Japon médiéval, le monde à l’envers. (432 p.)

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J’apprends dans la quatrième de couverture que Pierre-François Souyri enseigne l’histoire du Japon à l’université de Genève et qu’il a travaillé dans les relations culturelles franco-nippones. L’ouvrage semble construit comme un manuel didactique, racontant les événements de façon chronologique avec le souhait de décrire les bouleversements qui ont façonné le Japon dit « traditionnel ». On me vent « un souffle littéraire d’un Duby » et espère donc échapper aux lourdeurs souvent propres aux lectures académiques pour mieux connaître l’histoire d’un pays que j’affectionne.

George Duby : Dames du XIIe siècle. 1. Héloïse, Aliénor, Iseut et quelques autres. (191 p.)

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Duby, donc, en suite logique. Qui s’intéresse au Moyen Âge occidental a forcément entendu le nom de cet éminent historien de la plus belle période que l’humanité ait portée (je vous avais dit que j’étais médiéviste ?). Il a notamment été un pionnier de l’histoire sociale et de l’histoire des femmes de sa période de prédilection. J’ai déjà eu l’occasion de lire Duby au cours de mes études mais l’obligation ne m’avait guère permis de réellement apprécier cette rencontre dont j’espère un renouvellement heureux.

Jean Teulé, Je, François Villon (434 p.)

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Je jure solennellement qu’aucun thème n’avait été défini avant le choix de ces livres. Le romancier Jean Teulé nous propose ici le récit de la vie de François Villon, poète du XVe siècle, notamment connu pour ses ballades aux femmes des temps jadis et des pendus ou ses textes paillards. J’ai lu il y a quelques années l’adaptation BD du roman et avais adoré.

Albert Jacquard, J’accuse l’économie triomphante (188 p.)

bty

La crise que nous vivons actuellement est l’occasion de se pencher sur les dysfonctionnements des modèles économiques et étatiques qui nous gouvernent (aka le capitalisme/le libéralisme). Les critiques qui fusent aujourd’hui sont cependant loin d’être nouvelles et s’exprimaient même bien avant la publication de cet ouvrage que j’avais déjà lu il y a quelques années, presque jusqu’au bout, en témoigne un marque page oublié. Il est donc temps d’en finir (avec le capitalisme ?)

Robert Muchembled, Magie et Sorcellerie en Europe du Moyen Age à nos jours (320 p.)

Les sorcières fascinent, peut-être même de plus en plus de nos jours, notamment grâce à l’ouvrage de Mona Cholet. Beaucoup de féministes, mais pas seulement, se sont ainsi récemment emparé de la figure de la sorcière comme icône de la persécution et de la force des femmes. Bien que je sois très mitigée quant à cette appropriation et les pratiques qu’elle entraîne parfois, j’éprouve moi aussi une attirance particulière pour ces personnages mais aussi les croyances qui les entourent. J’avais déjà feuilleté cet ouvrage lors de mes études et espère y retrouver l’enthousiasme qui m’animait alors.

Voilà donc pour ma pile à lire. Je me suis forcée de piocher dans ce qu’il y avait déjà dans ma bibliothèque plutôt que de prendre ma liseuse, pour un décompte plus honnête du nombre de pages, ne pas acheter compulsivement des livres numériques et pour espérer qu’un jour je puisse dire que j’ai lu tout ce que je possède.

J’espère que cette aventure vous inspirera, pour ce week-end ou plus tard et vous retrouve lundi pour un bilan.

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