Dessins de confinement par Margot Rieder

Les jours se suivent et se ressemblent-ils ? Les jours se suivent et s’achèvent souvent dans une incertitude. Quand mais aussi comment allons-nous sortir de ce confinement ? Emmanuel Macron a annoncé lundi soir la date du 11 mai. Celle-ci est tombée comme un couperet. Sommes-nous seulement certains qu’il s’agisse du 11 mai 2020. L’année n’a pas été précisée. Blague mise à part, certains trouvent un équilibre dans ce confinement. Si précaire qu’il puisse être, c’est souvent en créant que l’équilibre opère.

Extraits d’une série réalisée lors des 15 premiers jours de confinement, les dessins de Margot Rieder ont quelque chose d’architectural. Des formes géométriques aux lignes noires se détachent sur un papier kraft format A5. Les dessins montrent comment la décomposition en lignes et autres formes géométriques permettent de structurer l’ensemble. A travers des formes géométriques simples, telles que le carré, le triangle ou le rectangle, Margot Rieder obtient la forme globale du sujet dessiné. Cette géométrie, ces lignes noires forment un ensemble structurel cohérent. Vivant. Une silhouette se dessine et l’intérieur du sujet se précise petit à petit, au fur et à mesure que l’œil s’attarde sur le papier. Dans cette géométrie, dans cette combinaison de lignes, je vois dans ces dessins quelque chose de tribal.

© Margot Rieder

Les prémices d’un masque africain se dessine ici. Un masque qui incarnerait et représenterait des ancêtres, des esprits. Les masques africains, dotés d’un rôle social, juridique, pacificateur, festif, sont « incarnés ». Je ne sais pas si mes suppositions sont justes, mais je décèle dans le travail plastique de Margot Rieder une force spirituelle. Une force, un engagement profond qui émane de ses lignes noires régulières couchées sur le papier.

© Margot Rieder

Ses dessins puisent aussi leur force dans la mémoire amérindienne. Le marron du papier peut faire un rappelle au bois, la forme du dessin à celui du totem.

© Margot Rieder
© Margot Rieder

Certains dessins de cette série ont quelques choses de kaléidoscopiques. Le mouvement est palpable. Se pourrait-il qu’ici un danseur, une danseuse, soit en train de danser, face à son miroir ? C’est en tout cas, les bras grands ouverts, larges d’espoir et de vie que je vois ici une fenêtre ouverte vers un avenir moins sombre.

Merci Margot Rieder pour tes fenêtres kaléidoscopiques, pour tes ombres portées sur le monde. Soutenons les artistes. Restons chez nous.

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