CONTRE LE CONFINEMENT, LE TÉMOIGNAGE DE NOTRE AFFECTION

     Comment faire face à cette dure réalité ? Quel combat espérons-nous mener ? Résignation et impuissance nous envahissent, tels des fardeaux que nous devons traîner. Trouver des réponses à une situation inintelligible ne servirait à rien. Cherchons des solutions pour vivre au mieux ce qui nous échappe.

     « Voilà les changements et les chagrins dont la vie est mêlée », déclarait Madame de Sévigné dans l’une de ses fabuleuses lettres, somme tout lyriques. A une époque où les épidémies et les meurtrissures de la vie étaient habituelles, cette éminente auteure nous montre la voie. Tandis que l’éloignement nous tourmente, tandis que nous éprouvons le manque d’une absence prolongée, prendre la plume est la manifestation réconfortante et tangible de notre appartenance à ce monde, certes en perdition. Jadis, Madame de Sévigné avait bien compris l’impact de cette action, aussi bien sur ses proches – notamment sa fille affectionnée, qu’au tréfonds de son âme. Alléger sa souffrance, montrer l’importance d’une personne, égayer une journée sombre, relater le récit de certaines péripéties ou simplement commérer sur quelqu’un… tous les prétextes sont bons pour écrire à un membre de notre entourage

Claude Lefèbvre, Madame de Sévigné, vers 1665, Paris, Musée Carnavalet

     Sous l’égide d’une tendresse amicale, ou pour donner du courage à ceux qui en manquent, envoyer une carte au motif floral ou rédiger une lettre manuscrite rompt indubitablement la distance physique. Davantage intimiste qu’un e-mail, ce pli est personnalisable au gré de notre imagination infinie. Au-delà du sens des mots, l’écriture rédigée possède le pouvoir d’incarner l’expéditeur. Qui n’a jamais souri béatement en recevant une carte postale ? Aujourd’hui, la connexion immédiate, voire instantanée avec son interlocuteur, annihile l’égard émotionnel de la forme. Emprunte d’une certaine nostalgie au parfum d’antan, cette courtoisie épistolière – jugée désuète à l’ère d’Internet – démontre finalement une volonté de prendre le temps. Mais c’est surtout de matérialiser notre bienveillance ; prouver concrètement à ce destinateur que nous avons pensé à lui.

     Sans conteste, nous pouvons affirmer qu’écrire c’est laisser une trace de bonheur dans le cœur de l’autre.

Caroline.

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