Debout #4 : Violet Evergarden

Dans la série « Debout ! » je vais te présenter des œuvres dont les personnages ont su prendre le pouvoir et réaliser leurs ambitions. Il ne s’agira pas de vous montrer par de multiples exemples que « quand on veut on peut », « il suffit d’avoir un peu de volonté » ou autre phrase à la gloire du self-made-man au bon vieil accent libéral. Je souhaite plus simplement vous faire découvrir des parcours sinueux et portés par des personnages qui chercherons à dépasser leur condition en surmontant les limites, leurs doutes et leurs craintes en toute humanité, sans poncifs d’exemplarité. Pour ce nouvel article, je vous propose un anime : Violet Evergarden…

Violet Evergarden est initialement une série de light novels japonais écrite par Kana Akatsuki et illustrée par Akiko Takase sortie entre 2015 et 2016. Elle a été adaptée en anime en 2018, disponible sur Netflix. Je ne parlerai ici que de l’anime.

Nous suivons le personnage de Violet, orpheline utilisée comme enfant soldat dans une guerre qui rappelle la première guerre mondiale, bien que l’histoire se déroule dans un univers fantasy. Le premier épisode s’ouvre sur la jeune fille, dans un lit d’hôpital, rédigeant difficilement un rapport à Gilbert, son major, lui signalant qu’elle est affaiblie mais prêtre à reprendre son service dès que possible. Et pour cause : Violet a perdu ses deux bras qui ont été remplacés par des prothèses mécaniques très sophistiquées. Le commandant Claudia Hodgins la retrouve à son chevet et lui annonce qu’elle sera désormais sous sa responsabilité. Violet veut désespérément retrouver son major mais, gêné, Hodgins lui dit que ça ne sera pas possible. Voyant que la jeune femme, qui n’a connu que la guerre, a besoin de recevoir des ordres pour se retrouver, il l’emploi dans sa nouvelle entreprise de courrier. L’entreprise propose un service d’écriture de courrier par des « poupées de souvenirs automatiques ». Violet assiste à un rendez-vous où une de ces poupées rédige une lettre pour un client, lettre qu’elle termine par la formule « je t’aime ». La jeune femme se souvient soudain : ce sont les derniers mots que le major lui a dits, lors de la dernière bataille où elle l’a vue, celle où elle a perdu ses bras. Elle veut alors elle aussi devenir poupée, pour comprendre ces mots. S’en suit alors une quête vers l’apprentissage de la vie dans une société pacifiée et vers la découverte des sentiments humains.

Un exemple de situation douce-amer : apprendre à sourire.
Un exemple de situation douce-amer : apprendre à sourire.

Violet Evergarder, nom de famille qu’elle tient de personnes chez qui elle aurait du vivre après la guerre mais dont elle ne peut accepter l’hospitalité, n’a de sa vie que connu le front et ses combats. Les sentiments humains lui sont étrangers : dès les premières minutes, Hodgins le dit, elle n’a pas de cœur. Elle porte alors un regard très froid mais aussi ingénu sur le monde qui l’entoure. Cela peut donner des situations cocasses lorsqu’elle parle en toute franchise là où les codes sociaux l’auraient poussée à davantage arrondir les angles. Le plus souvent, il en ressort surtout une certaine amertume. La jeune femme a été vidée de toute sensibilité par les horreurs qu’elle a du vivre et commettre du fait de sa condition d’orpheline et d’enfant-outil, machine de guerre. Entre vulnérabilité et incompréhension de celles et ceux qui l’entourent, Violet se donne corps et âme à son apprentissage pour enfin comprendre les derniers mots de son maître. Elle va accumuler des rencontres toutes plus émouvantes les unes que les autres pour mieux pénétrer l’âme humaine.

Violet Evergarden, autant l’anime que le personnage, ont toute leur place dans cette série d’articles. La protagoniste, fragile sans être consciente de l’être, avance avec détermination mais aussi beaucoup de douceur dans sa quête vers la compréhension des sentiments. Au fil des épisodes elle s’affirme de plus en plus comme individu et non plus comme outil. Elle évolue dans une société patriarcale où les femmes ont peu d’opportunités et, à plusieurs reprises, il est fait allusion à leur place dans le monde et aux moyens de s’en affranchir. Tous les personnages qu’elles rencontre, hommes ou femmes, ont des objectifs et des approches différentes mais avec chacun la volonté d’y parvenir. Les stéréotypes de genre, bien que présents puisque la société est clairement décrite comme inégalitaire, ne sont pas caricaturaux, voire sont détournés par un prénom, un style vestimentaire ou un trait de caractère. Tout en s’inscrivant dans les codes, Violet Evergarden en joue avec subtilité.

Je vous recommande donc chaudement de lire ou de visionner cette œuvre sensible et éclairante, qui vous fera rencontrer des tas de personnages, tous attachants à leur manière, le tout servi par un dessin magnifique et une animation fluide et soignée. Et, petit conseil, préparez les  mouchoirs 😉

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