#5Novembre16h47

Aujourd’hui, mardi 5 novembre 2019, à 16h47, les femmes travaillent bénévolement jusqu’à la fin de l’année du fait des inégalités salariales.

Selon Eurostat, l’écart de rémunération en France entre les femmes et les hommes est de l’ordre de 15,4%. Pour endiguer cet écart, les Glorieuses proposent au Gouvernement d’adopter trois mesures qui ont fait leurs preuves dans les pays où cet écart est plus faible : une transparence des salaires au sein des entreprises, un congé paternité équivalent au congé maternité post accouchement et un certificat d’égalité salariale. Pour soutenir ce combat : signer cette pétition

En plus de signer cette pétition et de soutenir ce combat, je vous recommande de vous inscrire à la newsletter des Glorieuses.

Les glorieuses

Par ailleurs, je viens d’écouter, effarée le discours de Julie Graziani, chroniqueuse dans l’émission 24h de Pujadas sur LCI, nouvelle figure médiatique et porte-parole du collectif Ensemble pour le bien commun. Si aujourd’hui, je décide de prendre la parole c’est parce que je suis atterrée par les propos choquants et offensants que cette femme vient de prononcer en réaction à un échange entre Emmanuel Macron et une citoyenne seule avec 2 enfants à charge. La violence de ses propos est inacceptable.

Si vous souhaitez écouter ses propos : ICI

Julie Graziani pose les questions suivantes : 

“Qu’a t’elle fait pour se retrouver au SMIC ? Est-ce qu’elle a bien travaillé à l’école ? Est-ce qu’elle a suivi des études ?

Elle ajoute : “Si on est au SMIC, il ne faut peut-être pas divorcer non plus (…) quand on ajoute des difficultés sur difficultés, et des boulets sur des boulets, on se retrouve avec des problèmes”.

“Il faut assurer ses arrières, prendre sa vie en main et arrêter de se plaindre”.

Après une licence d’histoire de l’art, un master de critique d’art et un second master en conception et direction de projets culturels, j’ai été au SMIC pendant près de 5 ans à des postes à responsabilités : Chargée de projets, production, communication, médiation, et de tout les trucs en “tion” possibles et imaginables avec une charge colossale de travail sur les épaules. Le tout avec le sourire. Comment expliquez-vous qu’avez les hautes études que j’ai faites (double master quand même, et diplômée de la Sorbonne – ça fait son petit effet) j’ai pu être payée au SMIC pour des postes à responsabilités ? 

Premièrement, je le disais plus haut, les femmes sont aujourd’hui moins bien payées que les hommes, à poste égal. Peut-être avez-vous une explication ou une théorie à ce sujet ? 

Comment comptez-vous endiguer ce phénomène ? 

Je me permets de poser ici, l’article réalisé par France Inter sur les inégalités salariales qui permets de comprendre plus en détail les différences existantes.  

Sur la question du divorce, peut-être souhaitez-vous revenir à l’époque de la Restauration ou au Second Empire lorsque celui-ci est considéré comme un “poison révolutionnaire”. Avec la royauté qui souhaite “rendre au mariage toute sa dignité dans l’intérêt de la religion, des mœurs, de la monarchie et de la famille”. Peut-être, souhaitez-vous même revenir au Régime de Vichy, qui était, lui aussi, peu favorable au divorce, avec cette loi du 2 avril 1941 qui empêchait les couples mariés depuis moins de trois ans de divorcer et transformer en délit l’incitation au divorce par un tiers ?

Si je puis me permettre, au XXIème siècle, il est aberrant qu’une figure médiatique comme vous prétendez l’être, affirme devant des milliers de téléspectateurs, que divorcer a été un ajout supplémentaire dans les problèmes financiers de cette citoyenne. Est-ce dire qu’une femme, doit rester avec son mari pour pouvoir endiguer ces problèmes ? Pouvez-vous réellement accepter d’énoncer de telles énormités ? 

En 2019, une femme est libre, indépendante et ne doit pas dépendre de son conjoint. Le mariage n’est pas une finalité en soi. Le mariage n’est pas et ne doit pas être une garantie pour une femme de s’en sortir financièrement. Une femme ne doit pas culpabiliser d’élever seule ses enfants. La société doit changer, Julie Graziani. Vous dites, d’ailleurs très justement qu’il faut relever les manches et arrêter de se plaindre, sauf que vous ne tenez pas votre discours au bon endroit. Ce n’est pas le manque d’études ou le divorce qui viennent ajouter des problèmes à cette femme. Ce sont les inégalités, le patriarcat et le sexisme qui viennent faire du mal aux droits des femmes. 

Je me permets de remettre cette phrase si justement prononcée par Simone de Beauvoir

“N’oubliez jamais qu’il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Ces droits ne sont jamais acquis. Vous devez rester vigilantes votre vie durant”.

Et quand on voit le mal que vous faite aux droits des femmes Julie Graziani, il est bon de se souvenir que rien n’est jamais acquis et qu’il faut continuer de se battre contre des discours aussi dégueulasses que celui que vous venez de tenir.

Anaïs

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