Ecologie et féminisme

Nous vivons dans un monde qui me dépasse un peu et qui me rend triste. 

Aujourd’hui, j’évolue dans une société où une jeune femme de 16 ans n’est pas prise au sérieux, considérée comme une vulgaire lycéenne à la crédibilité proche du néant. Les grands patrons et finalement beaucoup d’hommes politiques et intellectuels reprochent à Greta Thunberg une forme de “catastrophisme” qui ne viendrait pas servir, mais plutôt desservir, les questions environnementales et écologiques. Les arguments contre cette activiste d’origine suédoise sont les suivants : elle est jeune, elle est autiste Asperger et c’est une femme. Dans notre si belle société où le patriarcat règne en maître, son discours est irrecevable pour les trois raisons précédemment citées. 

Greta Thunberg est considérée comme étant malléable, influençable, manipulée, souffrante. 

Alain Finkielkraut a même osé dire qu’il était lamentable que des adultes s’inclinent devant une enfant. Des personnalités publiques telles que Michel Onfray, Raphaël Enthoven, Nicolas Sarkozy ou Florian Philippot voient en Greta Thunberg, une “arnaque”. Des phrases et des critiques d’hommes. Pardon, mais il me semble que ce qui dérange surtout, c’est que cette femme devienne un modèle pour la jeune génération. Pourquoi aujourd’hui, sous prétexte de jeunesse, nous sommes incapables de prendre la mesure du discours de Greta Thunberg qui demande simplement et très justement que des données scientifiques du GIEC soient prises en compte ?  Pourquoi un engagement lycéen ne serait-il pas crédible ? La jeunesse est concernée directement par le réchauffement climatique. C’est elle qui est touchée en premier lieu et qui voit notre planète se dégrader. (petite parenthèse : à noter que le GEIC évalue depuis 30 ans l’état des connaissances sur l’évolution du climat, ses causes, ses impacts. Il identifie les possibilités de l’ampleur du réchauffement et la gravité de ses impacts et de s’adapter aux changements attendus).

Je ne suis pas une spécialiste de l’écologie ou du réchauffement climatique. Je ne suis pas non plus une spécialiste du fonctionnement de notre écosystème et des problématiques industrielles qui viennent justement détruire cet écosystème. Il me semble en revanche qu’il est réellement temps et clairement indispensable que les égos surdimensionnés de nos dirigeants et de nos soit-disant penseurs, soient mis de côté. 

J’ai écouté Greta Thunberg et j’ai lu Fred Vargas qui a posé sa plume de romancière pour nous alarmer (comme Greta Thunberg) justement sur le fait que l’humanité est en péril, et qu’il n’est plus temps de se poser des questions sur quoi faire pour y remédier, mais bien d’agir concrètement et durement.
Si son livre est une suite un peu décousue de chiffres et qu’elle plonge le lecteur dans une forme de culpabilité, il a le mérite d’énoncer des choses, de dire ce qui ne va pas et comment nous pourrions être en mesure de les changer à petite et grande échelle. Fred Vargas aussi s’appuie sur les rapports du GIEC. Greta Thunberg a pris la mesure des choses, Fred Vargas aussi (et je vous recommande son livre). Il serait peut-être grand temps que nous fassions notre part la dedans et je ne parle pas de nos dirigeants et penseurs, qui eux devraient avoir honte de de leurs non actions ou de leur paroles. Il est temps de soutenir cette prise de conscience planétaire et d’écouter une femme de 16 ans, symbole de cette prise de conscience. 

Par ailleurs, depuis le 01er janvier 2019, 111 femmes ont été tuées, en France par leur conjoint ou ex-conjoint. Le féminicide est un vrai fait de société.

Ma lecture actuelle, que je n’ai pas encore achevée, traite de ce sujet sensible, épineux. Soeurs volées de la journaliste Emmanuelle Walter, raconte le théâtre d’un féminicide qui se trame dans un pays considéré comme paisible. Depuis 1980, près de 1200 amérindiennes canadiennes ont été assassinées ou ont disparu dans l’indifférence la plus totale. La journaliste donne chair aux statistiques et raconte l’histoire de deux adolescentes, amies, Maisy Odjick et Shannon Alexander, originaires de l’ouest du Québec et portées disparues depuis septembre 2008. A la manière d’une romancière, Emmanuelle Walter raconte et dresse le portraits de ces deux femmes au travers de témoignages, de coupures de presses et autres documents officiels.

La encore cet ouvrage, permet de mettre en lumière une question cruciale : pourquoi être tuée parce qu’on est une femme.

Je pourrais continuer ma liste, mais je vous recommande chaudement ces deux ouvrages. Fred Vargas et Emmanuelle Walter. Deux questions que j’estime être fondamentales aujourd’hui. L’environnement et la place des femmes dans notre société. Nous faisons face à de nombreuses avancées sur ces deux sujets, mais il reste tellement de choses à faire, tellement de problématiques à soulever. Continuons de nous renseigner et de faire évoluer la pensée. Agissons.

Anaïs

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