Love, Death and Robots

Serais-ce donc la devise de l’humanité future ? L’amour pour le sentiment le plus absolument humain, la mort que l’on défie sans cesse, jusqu’à donner naissance aux machines immortelles… ?

Accrochez vos ceintures, parce que l’on s’apprête à sauter à pied-joints dans la SF la plus pure.

Avant même de regarder, ça sent plutôt bon

Derrière ce titre énigmatique se cache une série de court-métrages d’animation, diffusée sur Netflix depuis le 15 mars dernier. L’ensemble ne constitue pas vraiment une série, puisque les épisodes semblent tous déliés, à la manière d’une anthologie. Le petit truc en plus, c’est que chaque court est réalisé par une équipe différente, ce qui nous promet de proposer des techniques d’animation très variées.

Cerise sur le gâteau, le tout est produit par Joshua Donen, David Fincher, Jennifer Miller et Tim Miller. De ces quatre noms, il y en a au moins deux qui devraient vous parler : Tim Miller est le bonhomme derrière Deadpool, et David Fincher est l’excellent réalisateur de toute une flopée de films cultes, comme le troisième Alien, Se7en, et plus récemment Gone Girl (que je vous recommande chaudement par ailleurs). On pouvait donc d’ores et déjà s’attendre à de l’action bien ébouriffante, dans des univers crasses et tendus d’angoisse.

Du miel pour tes cyber-rétines

Et en effet le premier épisode confirme le tout. On entre dans un décors qui fleure bon le cyberpunk, s’aventure du côté du transhumanisme tout en mettant en scène des combats de monstres terrifiants qui ne dépareraient pas dans un bon vieux X-COM.

Côté technique, on est sur de l’image de synthèse du plus bel effet, qui parvient presque à chasser l’impression d’être dans un jeu vidéo à haut budget (bien que la furieuse envie de prendre une manette pour y jouer me tiendra tout le long de certains courts). Dix minutes plus tard, l’épisode s’achève sur un twist que je vous laisse apprécier, et on se dit « okay, pourquoi pas, lançons le suivant. »

Et on enchaîne, tantôt dans un style graphique plus léger, proche d’un wall-e, tantôt dans des expérimentations proche du comics ou de l’animation japonaise. On se balade sur une terre post-apo, dans l’infini des galaxies, on se pose un moment près de fermes équipées de robots géants pour protéger le bétail d’aliens dévastateurs, on suit les péripéties d’une pilote d’élite et de son vaisseau intelligent…

Chaque épisode propose une petite trouvaille visuelle, et c’est un véritable délice de s’y laisser surprendre. Aussi je ne vous abonderais ni d’image ni de davantage de détails, car une bonne partie du plaisir au visionnage reste la découverte de ces univers futuristes.

L’art de jouer avec son format

Dix à quinze minutes par épisode, c’est bien court pour faire passer un message, une atmosphère. Et pourtant, Death, Love & Robots y parvient sans cesse. Certains courts sont bien sûr d’une meilleure qualité, et vos goûts personnels porteront votre plutôt votre préférence à l’un qu’à l’autre ; mais le nombre de sujets exploité est si vaste, que l’on y trouve forcément son compte pour peu que l’on soit amateur de série B et de mondes imaginaires. Que vous soyez accro à la vitesse et l’adrénaline de l’action, ou au contraire porté sur le charme voluptueux d’une animation plus onirique, vous serez comblé.

Le fait de se limiter dans le temps à des histoires très courtes, mais en multipliant le nombre de métrages (18 épisodes, ce qui est plutôt long pour une série d’animation Netflix, plutôt habitué à ne pas dépasser la douzaine) permet d’explorer un champs de possibles très large et apparemment sans limite. On se laisse toujours surprendre par ces nouvelles visuelles, s’étonnant même de l’imagination des créateurs (et on peut remercier l’auteur Philipp Gelatt ici, qui a fait du bon boulot sur l’écriture. Visiblement le bonhomme s’en sort mieux pour des formats courts que longs…).

Car oui, l’écriture est vraiment agréable, pas toujours renversante mais souvent étonnante. Le format de nouvelle est vraiment bien exploité, se ménageant des chutes surprenantes et efficaces, ou jouant sur le côté onirique que permet le format court, peu enclin à développer des explications lassantes. S’il ne s’agit pas forcément du plus gros point fort de l’anthologie, elle reste à la hauteur et accompagne la direction artistique de très bonnes idées.

Love, Death and Netflix

Comme vous pouvez le lire, je ne taris pas d’éloge au sujet de cette anthologie. N’allez pas croire qu’il s’agit du chef d’œuvre du siècle ! Mais par son caractère inattendu, par son format peu exploité par les grosses prod, par l’imagination qu’elle développe, Love, Death & Robots est une excellente nouvelle dans l’univers cinématographique. Netflix joue un joli coup ici, prouvant qu’il peut diffuser des programmes à la fois assez ancrés dans la culture pop pour captiver son public, tout en se permettant des expérimentations qu’on aurait difficilement pu voir en salle obscure ou sur le petit écran autrement.

Allez, jetez-y un œil, ça mange pas d’pain. Oh, et si je puis vous donner un conseil : invitez quelques potes, commandez vous des pizzas et équipez vous de quelques bières, et n’oubliez pas de prendre une petite pause entre chaque métrage. Le temps de laisser votre imaginaire s’emparer des images et des sons, d’en discuter et d’en débattre avec vos potes. Pour sûr, Love, Death and Robots s’apprécie mieux à plusieurs.

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