L’Alsace en deuil

Banksy
Banksy

Il y a quelques jours, je rédigeais ces mots : « Que reste-t-il de la magie de Noël ? ». Empreinte d’insouciance et d’espoir, cette interrogation retentit étrangement dans un écho, assombri par un dernier acte de terreur. La réponse frappe, abruptement et sans détour.

Affirmer que la magie de Noël a disparu n’est plus fallacieux. Son existence demeure dans nos souvenirs, au sein de notre mémoire préservant farouchement une réalité, somme toute illusoire. L’esprit des fêtes de fin d’année nous a quitté. Bien que la liberté d’expression soit un droit, il s’agit aujourd’hui d’un devoir. Ayant vécu de nombreuses années dans la capitale européenne, Strasbourg est ancrée dans mon parcours de vie. En allumant ma radio ce matin, les paroles froides et lointaines des journalistes résonnent dans un silence cinglant ; le soleil se lève, mais la nuit persiste tout autour de moi. Le peuple alsacien se réveille dans une brume hivernale glaçante. Chaque année, l’éventualité d’un acte semblable s’insinue dans l’esprit de tous ceux pour qui, flâner dans les allées pittoresques du plus ancien marché de Noël, est une tradition. Toutefois, sommes-nous prêts à entendre la concrétisation d’une telle attaque ?

Vibrante de projets et en perpétuel métamorphose, l’Eurométropole est aujourd’hui meurtrie. Face à une menace aussi abjecte, solidarité et union caractérisent la forte identité d’une véritable nation alsacienne, construite à travers une histoire bien tourmentée. Les illuminations du décorum festif peuvent s’éteindre, cependant la résurrection de notre cité brille dans une éternelle espérance d’un avenir, encore et toujours, glorieux.

M’apprêtant à rédiger un article, léger et distrayant, je tenais à prendre ma plume pour exprimer mon attachement à un tel désarroi. Devant l’incontrôlable, la nécessité de matérialiser par écrit mon incompréhension est vitale. La volonté de notre équipe de rédacteurs est de partager les petits bonheurs de la vie, par le biais d’un calendrier de l’Avent. En respect pour les proches des victimes, ma case se maintiendra close.
Le drapeau – rouge et blanc – se pare de noir, mais notre étendard sanglant doit rester, plus que jamais, élevé.

Caroline.

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