Voyage en Micronésie avec le musée Carré Plantagenêt du Mans

Le musée Carré Plantagenêt, situé au Mans, nous propose de voyager aux côtés de l’artiste Paul Jacoulet. Estampes, dessins et aquarelles d’une beauté et d’une originalité surprenantes sont visibles lors de cette exposition temporaire. Les secrets de l’estampe nous sont également dévoilés à travers une muséographie didactique et esthétique. Cette exposition se terminera le 13 janvier 2019.
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« Un artiste voyageur en Micronésie. L’univers flottant de Paul Jacoulet » est une exposition temporaire réalisée en collaboration avec Le musée du Quai Branly – Jacques Chirac ©Photographie personnelle.

 

Paul Jacoulet (1896-1960) est un artiste français s’étant rendu au Japon dès ses trois ans. Il s’est formé aux arts japonais, et notamment à l’art de l’estampe, durant toute sa vie. Cet artiste est également un grand voyageur, il s’est rendu, entre autres, en Chine, en Mongolie et en Corée. Ses œuvres sont dotées d’une grande sensibilité, il capte la beauté idéale et éphémère de chaque instant. Il s’inspire fortement de la tradition de l’ukiyo-e, en effet, les sentiments, la nature et la vie quotidienne tiennent une place centrale dans son œuvre.

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La Chine est une source d’inspiration pour Paul Jacoulet. La série « Scènes de genre de la cour chinoise » a été réalisée entre 1936 et 1959 et elle dédiée à sa mère disparue. ©Photographie personnelle.

Les œuvres exposées sont regroupées suivant les pays ayant influencé leur réalisation : Japon, Mongolie, Chine. Cet accrochage permet de cerner rapidement dans quelle zone géographique l’artiste nous transporte. Ainsi, nous découvrons la finesse des kimonos japonais, le regard touchant d’un vieil Aïno, les bijoux étincelants de la femme d’un riche commerçant ou encore la spontanéité d’un bébé coréen en costume de cérémonie…

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L’artiste manifeste également un vif intérêt pour les papillons, il possédait une collection de plus de 30 000 spécimens ! ©Photographie personnelle.

Cette exposition met également en avant les valeurs ethnologiques et historiques des œuvres de Paul Jacoulet. Ce dernier s’étant lié d’amitié avec les habitants de Yap et Ponape pouvait observer en toute tranquillité leurs tatouages. Ces ornements gravés sur la peau jouent un rôle essentiel, suivant les emplacements et les motifs ils ont une symbolique différente. L’artiste les a représentés avec justesse et minutie c’est pourquoi ces dessins font partie des rares témoignages de l’iconographie des tatouages micronésiens anciens.

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Les tatouages sont riches en signification : les jeunes garçons quittent leur village pour accomplir le rite du tatouage, dès lors, ils deviennent des hommes.
© Photographie personnelle : Runabaï et Miö. Elégants de Rhull à Yap, Ouest Carolines, 1942.

Un des autres points forts de l’exposition réside dans son aspect didactique. En effet, des explications concernant la technique de l’estampe japonaise (ukiyo-e) sont efficacement apportées. Des vidéos montrent clairement comment les estampes sont réalisées et les objets utilisés sont, quant à eux, exposés dans des vitrines. La complexité de la tâche pour l’artiste n’est pas des moindres : les traits de ses dessins doivent être simplifiés et réduis à l’essentiel afin d’être reproductibles.

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La gravure japonaise est une gravure sur bois polychrome. Plusieurs matrices en bois sont réalisées d’après le dessin d’origine. Les matrices, sur lesquelles on applique au préalable les couleurs, vont être pressées les unes après les autres, à l’aide d’un tampon circulaire, sur une feuille de papier.
© Photographie personnelle.

La plupart des cartels indiquent le nombre de matrices nécessaires à la réalisation d’une gravure. Ces indications mettent en avant la difficulté, le temps ainsi que le coût élevé nécessaire à la réalisation de ces œuvres.

Cette exposition monographique est propice à l’accueil des enfants et des familles ! En effet, un espace éducatif est inséré dans le parcours, les enfants peuvent s’assoir autour d’une table et réaliser des coloriages d’après des gravures présentes dans l’exposition. De plus, les visiteurs peuvent répondre à un questionnaire sur une tablette tactile. Un petit conseil : ouvrez bien grands vos yeux pour faire un sans-faute !

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Ces gravures mettent en avant les différentes étapes de la réalisation, le nombre de matrices utilisées est à chaque fois indiqué sur le cartel. Elles représentent une jeune fille de l’île de Kousaie, confiant sa peine à son perroquet car son fiancé vient de la quitter.
© Photographie personnelle : Chagrins d’amour, Kusaie, Est Carolines, gravure sur bois polychrome, 1940.

Si vous avez envie d’en savoir plus sur cette exposition, vous pouvez vous rendre le site internet de la ville du Mans.

Des visites commentées sont organisées le 22 et 29 décembre à 15 heures, et le 12 janvier à 15 heures.

 

En espérant que cet article vous a donné envie de découvrir cet artiste voyageur !

 

 

Claire Chanty

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