Chats cosmiques et applis du turfu

J’adore la BD. Et puis, j’adore aussi voyager. Si possible sans me casser le dos.

Or donc, cet été, je suis parti en vacances, en tendant mon pouce en bon autostoppeur, mon gros sac sur le dos en bon backpacker.

Le truc, c’est que dans un sac-à-dos, les bandes-dessinées, ça pèse vite aussi lourd qu’un demi-chameau mort. Mais comment diantre combiner sa soif de petits mickeys et la liberté d’un voyage sans mal de dos ? C’est un peu par hasard que la solution s’est imposée à moi, alors que je postais sur instagram pour rendre mes collègues verts de jalousie.

Magnifique vue sur l’autoroute, ou la joie du voyage en stop

Vous êtes peut-être déjà tombés sur des BD instagram. L’idée est plutôt chouette : il s’agit d’un format feuilleton, chaque épisode comprenant une petite dizaine de « cases » que l’on fait glisser au fil de la lecture. Arte s’est particulièrement illustré dans le domaine cet été avec son petit feuilleton estival, mais pour ma part je me suis plutôt laissé tenter par deux auteurs de SF aux couleurs chatoyantes, que je m’empresse de vous recommander.

Cosmogenese

Alexandre Laclaverie est l’auteur de cette BD-feuilleton totalement barée aux tons rouge et bleu vifs. On y suit l’histoire cosmique d’un chat rouge doté d’un troisième œil, lequel ne doit jamais s’ouvrir.

Le récit est un poil décousu, mais c’est aussi ce qui fait son charme, chaque épisode apportant forcément son lot de surprises. ça part dans tous les sens, on a aucune idée d’où on va mais peu importe, on y fonce vitesse lumière et la beauté de cet univers y est assurément pour quelque chose. Car il faut le reconnaître, les aventures du chat cosmique, elles sont juste magnifiques.

Mais plus que l’harmonie visuelle, c’est l’inventivité de l’auteur que je salue. Ses personnages parviennent à être originaux tant dans leur développement que dans leur design, et l’univers émerveille autant qu’il étonne. Pour moi, une très belle surprise qui a totalement su me rendre accro.

Le Monde Brûle

(Avec cette canicule, tu m’étonnes)

Un peu moins cosmique, mais toujours très SF, on part ici dans de la dystopie satyrique, les péripéties de bureau de Gilles et J-M qui veulent disrupter le monde avec de l’innovation. Leur idée géniale : une appli pensée pour les pauvres, par les riches.

Très critique vis-à-vis de l’ambiance « start-up nation », cette BD nous propose une monde futuriste où la vie humaine est gérée par des IA, où la diversité de pensée n’est qu’une vieille lubie oubliée, et où toutes les entreprises ont leur baby-foot pour employés. Le turfu, mais pas tant que ça.

Coté graphique, on est sur quelque chose d’un peu plus « propre » que Cosmogenese, moins de coups de crayons dans tous les sens, l’image est léchée et un grand soin est apporté aux couleurs, très « néon », ça sent bon la SF des années 80/90… ce qui est parfaitement adapté à une lecture sur écran de smartphone, je dois dire.

Nouveau format, nouvelles BD ?

J’ai toujours trouvé intéressant de voir comme le changement de support peut affecter la création. Avec ce type de BD numérique, pas vraiment du turbomédia mais plus totalement de la BD classique non plus, c’est tout le rythme du récit qui s’en trouve transformé, puisque la notion de page est totalement éclatée en cases formatées, chaque image faisant les mêmes dimensions. On est très loin de la BD belge à la Jacobs (Black et Mortimer), où l’architecture de la page était soigneusement travaillée, et on gagne en fluidité ce que l’on perd en construction globale.

De plus, le format numérique permet des choses qui sont encore à l’état expérimental, comme l’incorporation de vidéos, ou même le travail sur les couleurs qui me parait vraiment différent de ce que l’on peut trouver en format papier.

Tout cela donne lieu à une impression très rafraîchissante d’étonnement constant, chaque nouvelle image apportant son lot de surprise. Peut-être parce que mon regard de lecteur n’est pas encore habitué à cette forme, peut-être parce que je ne peux pas zyeuter l’ensemble de la page avant de m’attarder sur chaque case, peut-être de par son caractère expérimental ? En lisant ces BD, j’avais l’impression de me lancer en terres inconnues, un voyage un peu hésitant vers de nouvelles normes pour la bande-dessinée.

Je vous l’ai dit, s’il y a deux choses que j’adore, c’est les BD, et le voyage.

Tristan

 

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