Août : Panier de culture de Lucie

Spécial lectures de vacances

Sortez les shorts, parasols et les tubes de biafine, car voilà l’été voilà l’été !
Durant le reste de l’année vous étudiez Nietzsche sur votre méridienne tout en écoutant du Bach et sirotant votre jus détox épinard/guarana, mais l’été vous vous laissez aller : mots fléchés force 2 affalé sur la chaise longue, dégustation de votre cubi de rosé Marque Repère et karaoké plus qu’incertain sur Despacito. Vous n’êtes pas seul. Mais ce n’est pas parce que « vacances » rime avec « chill intégral » (ah non) qu’il faut oublier les fondamentaux : les vacances, cette bulle temporelle parfaite pour bouquiner tout ce qu’il vous plaît.
Petite sélection de lectures de vacances, qui invitent à l’évasion.

La terre qui penche, de Carole Martinez

Si vous ne connaissez pas l’œuvre de Carole Martinez, je ne peux que chaudement vous inviter à vous y intéresser. Son premier roman, Le cœur cousu, sorti en 2007 aux éditions Gallimard, est un de mes énormes coup de cœur de ces dernières années, et reste mon favori de l’auteur. Dans La terre qui penche, Martinez retrouve le Juras (dont elle avait déjà fait le théâtre de son second roman, Du Domaine des Murmures) et nous plonge dans une Franche-Comté médiévale, aux alentours de 1360. Blanche, enfant libre et rebelle d’un petit seigneur du coin, voit son quotidien bouleversé lorsque son père l’amène aux confins de son monde, là où la terre penche. Comme à son habitude, Martinez nous conte une histoire de femme avec poésie, s’approchant du mythologique tout en gardant les pieds, sur cette terre qui penche.

. La terre qui penche, Paris, éditions Gallimard, coll. « Blanche », 2015

Entrez dans la danse, de Jean Teulé

Oyé oyé strasbourgeois, ceci est un livre se déroulant dans votre magnifique cité. Magnifique ? Jean Teulé met un bon coup de massue à la capitale alsacienne. Basant son roman sur l’épisode de danse frénétique qui aurait décimé une partie de la population strasbourgeoise au XVIe siècle, Jean Teulé réinvente l’histoire, la « sublime » à sa façon pour en extraire une fable, parfois potache, parfois lugubre. C’est drôle, c’est gore, c’est grossier (mais très bien écrit), c’est du Jean Teulé. Il crée une sorte de comique de l’horrifique pour mieux pointer du doigt les déviances du comportement humain. Et niveau déviance, vous allez être servi !

Entrez dans la danse, Julliard, 2018

La valse des arbres et du ciel, de Jean-Michel Guenassia

C’est le premier roman que je lis de Guenassia, je ne saurais donc le comparer à ses précédents ouvrages. La valse des arbres et du ciel revisite, ou plutôt réinterroge, la fin de vie de Vincent Van Gogh lors de ses derniers mois passés à Auvers-sur-Oise, en 1890. Nous entrons dans le quotidien de Marguerite Gachet, fille du célèbre docteur Gachet, « ami des impressionnistes » et médecin/mécène de Van Gogh, nous y découvrons sa condition de femme issue de la petite bourgeoisie, ses aspirations, ses devoirs, sa révolte et surtout sa rencontre et sa relation avec le peintre hollandais. Une fiction très bien ficelée, extrêmement bien documentée, qui remet en cause la thèse du suicide de Van Gogh et se pose comme une belle hypothèse et alternative à la question de la mort du plus grand des peintres.

La Valse des arbres et du ciel, Albin Michel, 2016

Yeruldelgger, de Ian Manook

Je ne suis pas très polar, mais il faut avouer que Yeruldelgger est bien plus que ça. Ian Manook (pseudonyme de Patrick Manoukian) a réussi à créer un personnage très télégénique, attachant à des moments, détestable à certains, qu’il a décliné en une trilogie : Yeruldelgger en 2013, Les Temps sauvages en 2015 et La Mort nomade en 2016. L’intrigue se passe en Mongolie, où Yeruldelgger, commissaire de police à Oulan-Bator, se bat pour résoudre des crimes impliquant les mafias locales, tout en ne respectant pas lui-même les lois. Les enquêtes et les personnages sont sombres, mais des moments d’éclats viennent les illuminer. C’est également et surtout à mes yeux, une véritable découverte de la Mongolie, de l’immensité sublime des steppes à la misère des bidonvilles d’Oulan-Bator. De la situation politique et économique d’un pays en plein bouleversement, aux traditions millénaires de peuples qui se perdent peu à peu. Une évasion totale et haletante que je conseille même aux plus réticents du polar !

Yeruldelgger, Albin Michel, 2013. Prix SNCF du polar roman 2014.

Bon été à tous !

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