Parvana : un film d’animation touchant et bouleversant

Parvana est un film d’animation de Nora Twomey, réalisé d’après un roman de Deborah Ellis, sorti au cinéma le 27 juin. Nous découvrons l’Afghanistan sous le régime taliban à travers les yeux d’une fillette de onze ans : Parvana. Entre la dure réalité des conditions de vie de ce pays et la légèreté des histoires racontées par Parvana, ce film nous transporte.
Parvana, une enfance en Afghanistan (The Breadwinner)
Les grands yeux clairs de Parvana reflètent toute la poésie et la candeur qu’elle apporte à la rudesse de la vie des habitants de Kaboul sous le joug des talibans ©Image du film d’Animation Parvana

Parvana vit en Afghanistan et plus précisément à Kaboul avec ses parents, sa sœur et son petit frère. Son enfance est bercée par les histoires écrites par sa mère et celles racontées par son père. Il lui transmet des récits concernant leur pays, l’importance de l’écriture, des connaissances, des échanges commerciaux par la route de la soie, mais aussi des conquêtes, de la guerre et des problèmes liés aux frontières…

Parvana famille
Parvana passe son temps à se chamailler avec sa grande sœur, à écouter les histoires de son père, qui est un ancien professeur, et à en raconter à son petit frère ©Image du film d’animation Parvana

L’héroïne accompagne tous les jours son père infirme au marché, sa famille manque d’argent et elle se retrouve contrainte de mettre en vente sa belle robe (qu’elle n’a d’ailleurs même pas encore eu le privilège de revêtir). Un jour, un ancien élève de son père ayant rejoint les talibans vient les provoquer. Vexé que le père défende Parvana et refuse de lui accorder sa main, le taliban va attirer des problèmes à la famille de Parvana…

Cet événement marque le point de départ d’un bouleversement dans la vie de Parvana : son père est injustement arrêté et emmené en prison. La vie pour la jeune fille et sa famille devient très difficile car elles n’ont pas le droit de sortir sans être accompagnées par un homme. Ainsi, elles ne peuvent plus gagner d’argent ni même s’acheter à manger… Il est également très complexe pour sa mère de passer du statut de femme écrivaine à celui d’une femme n’ayant pas le droit d’être lettrée.

Parvana 2
Il est très difficile pour Parvana de sortir de chez elle l’âme sereine… Entant que femme, il lui est interdit de mettre les pieds dehors sans être accompagnée d’un homme… ©Image du film d’animation Parvana

Malgré la rudesse de la situation, Parvana ne se laisse pas décourager, elle se coupe les cheveux et s’habille comme un garçon. Désormais elle peut subvenir aux besoins de sa famille. Elle est également déterminée à retrouver son père et à le sortir de prison. Cet acte ne relève pas uniquement de l’imaginaire car il s’agit d’une réalité. De nos jours encore, les « bacha posh », les filles habillées comme des garçons, se travestissent afin de pouvoir travailler, aller à l’école ou tout simplement jouer au foot. Cette pratique est connue et répandue, néanmoins, elle est à durée déterminée car une fois adolescente, les « bacha posh » retrouvent leurs conditions de femme.

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Sous les traits d’un jeune homme, il est bien plus simple de circuler en Afghanistan. Parvana profite, tant bien que mal, de ce soupçon de liberté ©Image du film d’animation Parvana 

Pour sortir ses proches de la douleur et les rassurer, Parvana raconte des histoires et notamment le récit de Souleymane. Ce jeune garçon veut récupérer les semences de son peuple qu’un éléphant, avec des épées à la place des défenses, a volé. Ce récit est relaté en plusieurs étapes, rythmées par les péripéties que rencontre Parvana : elle commencera par conter cette légende à son petit frère pour qu’il arrête de pleurer, puis à sa famille, à son amie, ensuite sa mère prendra le relais lorsqu’elle aura besoin à son tour d’être rassurée et enfin, elle finira par se raconter l’histoire à elle-même pour se donner du courage.

parvana éléphant
Souleymane doit avoir bien du courage pour faire face à l’éléphant aux défenses tranchantes… Malgré son jeune âge, il aura recours à une arme redoutable… ©Image du film d’animation Parvana

Visuellement, une différence est instaurée entre la vie de Parvana et l’histoire de Souleymane. Lorsque le spectateur observe les aventures de la jeune fille il s’agit d’un film d’animation semblable à un dessin animé, tandis que pour Souleymane, il s’agit d’animation imitant le stop-motion à base de papier (en images par images). Ce contraste instaure du dynamisme, de l’esthétisme et de la poésie : la qualité graphique est tout simplement magnifique ! L’équipe technique a réalisé un travail remarquable, elle a anticipé chaque geste des personnages en réalisant au préalable des séquences filmées pour donner davantage de réalisme. De plus, les voix des personnages sont doublées par des comédiens iraniens et afghans, conférent une note mélodieuse aux voix des personnages.

parvana tank
Les thèmes de la guerre et de la violence sont omniprésents, les tanks et les mines font ici référence à l’invasion russe dans les années 80 ©Image du film d’animation Parvana

Ce film aborde des thématiques complexes et pénibles, telles que l’oppression, l’inégalité homme-femme, la violence, la misogynie, la guerre mais aussi le deuil. En effet, la famille de Parvana est cruellement marquée par le deuil d’un enfant, le frère aîné de Parvana. Entre le silence, le déni, le refoulement et le rôle de l’imagination, ce film d’animation nous montre comment cette famille appréhende le deuil.

L’espoir et la détermination sont deux autres thématiques majeurs : Parvana est celle qui refuse de se laisser abattre et porte vers l’avant sa famille. Elle est attachante, touchante et provoque l’empathie du spectateur : même à la fin du film, il est dur de quitter son histoire.

 

Pour connaître les prochaines séances de Parvana dans les cinémas proches de chez vous, vous pouvez vous rendre sur le site allociné.

Si vous voulez en savoir davantage sur les « bacha posh », vous pouvez lire cet article qui m’a été recommandé par Capucine, une amie cinéphile.

Je vous invite également à visionner le making-of.

 

En espérant que vous serez autant touchés par ce film que je l’ai été.

 

 

Claire C.

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