« B: the beginning » à découvrir…

Si, comme moi, vous êtes abonné à Netflix et si, toujours comme moi, vous êtes féru d’animés japonais, alors vous avez sans doute remarqué l’invasion de la japanim sur la plateforme au cours de ces dernières semaines : A.I.C.O, Violet evergarden, Les enfants de la baleine, GATE, et… B : the Beginning. Mazette, voilà qui nous fait un paquet de nouveautés.

Je vous ferais bien un retour sur la totalité de ces animés, mais comme je suis en plein déménagement, impossible de tous me les farcir. J’ai quand même réussi à Binge-watcher B: the beginning, et je m’empresse de me fendre d’une petite critique à son égard – avec seulement un jour de retard pour la publication, ça va, personne n’est parfait.

Le catalogue d’animés Netflix, de plus en plus prolifique

Avant de lancer le visionnage, j’étais un poil méfiant : il faut dire que Netflix ne nous a pas habitué à des séries d’excellente facture jusqu’à présent en ce qui concerne l’animation japonaise. Bien sûr, le catalogue comporte quelques titres cultes (CowBoy Bebop et Psycho-Pass en tête), mais il s’agit pour la plupart d’œuvres ayant déjà une renommée assez solide, et déjà visionnés mille fois par les aficionados du genre. La plateforme s’est plutôt montrée frileuse dans sa prise de risque jusqu’à présent, et on pourra se souvenir de l’adaptation de Castlevania en (seulement!) quatre épisodes pilotes, tentative hésitante de produire de l’animé sans trop oser se mouiller les doigts de pied.

Avec ses nouvelles productions, Netflix y va plus franchement : B : The Beginning a droit à une première saison de 12 épisodes, tous disponibles d’un coup.

Au premier coup d’œil, il faut se rendre à l’évidence : cet animé est beau. Mais, vraiment très beau. L’animation est fluide, le chara-design impeccable, les décors magnifiques. Là, déjà, vous devriez hausser un sourcil et vous demander « mais enfin, cette tuerie visuelle ne peut pas venir de nulle part, qui est donc aux commandes ? »

Eh bien vous avez bien fait de demander, car on compte à la production le studio Production I.G, Inc, qui a notamment travaillé sur les séries adaptées de Ghost in the Shell, les séquences animés du jeu Guilty Crown, et surtout, surtout : Psycho-Pass.

Quoi, ça ne vous suffit pas ? Bien, et si je vous parlais un peu plus de Kazuto Nakazawa, l’un des deux réalisateurs de la série ? Il s’agit du monsieur à l’origine de la séquence animée dans Kill Bill : Volume 1. Le bonhomme a également travaillé sur le chara-design de Nadia et le secret de l’eau bleu ou encore Samourai Champloo. Du lourd donc, derrière cette production Netflix, qui nous promet un show de qualité.

Le scénario n’est pas en reste non plus, bien qu’un poil alambiqué. On commence sur un polar tout ce qu’il y a de plus classique : depuis un certain temps, un tueur affectueusement surnommé « Killer B » s’en prend à des criminels qu’il massacre, ne laissant qu’une scène de crime et un B ensanglanté en guise de signature. Nous suivrons une escouade de police, la brigade RIS, dans son enquête pour coincer le tueur.

Si tout cela semble hyper classique, le tout prend bien vite une tournure fantastique en l’apparition de Koku, l’un des protagonistes principaux, qui se révèle doté de pouvoirs (et d’une agilité démesurée). Des antagonistes boostés aux pouvoirs tous plus effrayants les uns que les autres ne vont pas tarder à faire leur apparition également, conférent à la série une tournure bien plus orientée action, pour le plus grand bonheur de vos petits yeux parce que clairement, à ce niveau-là, ça dépote sévère !

Un combat dantesque !

Le tout se déroule dans un univers à la fois proche du notre et résolument moderne, avec des technologies de pointes qui donneront lieu à quelques scènes de hacking assez inspirées.

On se retrouve donc dans une ambiance très proche d’un Psycho-Pass, le côté dystopique en moins (encore que… mais vous en parler serait spoiler la fin).

La série se défend plutôt bien. Son univers fictionnel est plutôt bon et bien emmené, petit à petit, touche par touche, nous offrant au passage un décors magnifique qui m’a rappelé la ville imaginaire de Kiki la petite sorcière.

Les personnages sont assez attachants bien qu’on pourrait leur reprocher d’être trop calqués que ceux de Psycho-Pass (l’héroïne en tête). On pourrait toutefois reprocher au scénario de ne pas prendre assez son temps, de se perdre parfois dans les méandres de son mélange SF/Fantasy/polar, sans développer correctement tous les personnages.

Et c’est peut-être mon gros regret sur cette série : 12 épisodes, cela reste trop peu. On sent bien un potentiel très fort dans cet univers, avec ces personnages, mais comment se prendre réellement au jeu en si peu de temps ? Il aurait manqué à mon sens une demi saison de plus pour vraiment se prendre au jeu, installer une montée en puissance digne de ce nom et nous faire trembler sur le dénouement final.

Voilà ce que Netflix semble ne pas avoir encore compris avec la japanim : contrairement aux séries type Marvel où une dizaine d’épisodes suffisent pour instaurer un univers qui prend aux tripes, les animés ont souvent besoin du double, voire du triple d’épisodes pour imposer leur rythme. À trop vouloir jouer les frileux, la plateforme streaming impose des animés sympathiques, mais sans plus, que l’on termine en restant sur notre faim.

Néanmoins, on remarquera que la série s’appelle B : the beginning, et on peut donc supposer que ce n’est que le début de l’aventure, comme le suggère d’ailleurs la scène post-générique finale. Voilà qui augure du meilleur, en espérant que le succès soit suffisamment au rendez-vous pour avoir droit à une saison plus longue cette fois-ci !

Je conclurais avec une petite réflexion sur la tournure que prend la catalogue Netflix vis-à-vis de l’animation japonaise. Doit-on se réjouir de voir davantage d’animés débarquer ici ? Où devrait-on s’inquiéter de voir ce média se charger de codes qui ne lui correspondent pas, afin de répondre aux craintes de ce nouvel éditeur de contenu ?

Par comparaison avec le système japonais, j’aurais tendance à dire que l’implication de Netflix dans l’animé est plutôt une bonne chose. En effet, au japon, une série ne se verra attribuer une suite que si elle atteint les espérances de l’éditeur. Ainsi, vous aurez beau être bluffé par un animé, s’il ne rencontre pas le succès escompté, vous n’en verrez jamais la suite (Grimgar, Gangsta., je crie votre nom).

Grimgar, le monde de cendres et de fantaisie, une production qui ne verra sans doute jamais de seconde saison…

Le système Netflix, en proposant des séries « pilote » assez courte, permet de jauger l’attente du public pour, pourquoi pas, proposer par la suite des saisons plus complètes ; par ailleurs, il se pourrait bien que Netflix et Production I.G, Inc aient signé pour plusieurs saisons d’avance. J’ai l’impression que, de par son système d’abonnés et son fonctionnement, nous avons là une plateforme plus à même d’assurer la continuité des animés sur la durée. Pour l’instant, il n’y a pas assez d’éléments pour aller dans ce sens, il faudra donc être patient et voir ce que l’avenir nous réserve à ce sujet.

En tous cas, les succès critique qu’on été les dernières productions, comme notamment le remake de Devilman, sont plutôt encourageants !

Tristan

 

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