« Coco » de Lee Unkrich et Adrian Molina (2017) : une générosité extrême envers le spectateur

r_coco_header_09cd3d07

Un jeune garçon mexicain prénommé Miguel a comme passion la musique. Il rêve de suivre les pas d’un très célèbre chanteur-guitariste, Ernesto De La Cruz, mort accidentellement lors d’une représentation. Mais sa famille, très protectrice, refuse catégoriquement cette destinée pour cause de grande querelle dans le passé avec l’arrière-arrière-grand-mère de Miguel. Promus à suivre l’entreprise familiale de chaussures bien installée dans le petit village où il vit, le jeune héros s’oppose à ce choix imposé. Miguel se retrouve par la suite propulsé dans le monde des morts, à l’occasion du Día de los Muertos, la traditionnelle fête des morts au Mexique. Il y fait la rencontre de certains membres de sa famille et souhaite coûte que coûte rencontrer son idole, Ernesto De La Cruz.

Incontestablement, nous avons affaire au meilleur cadeau cinématographique de Noël pour cette fin d’année. Coco (de Lee Unkrich) est un long métrage qui soulage la conscience de son spectateur par le message moral transmis à ce dernier, en toute honnêteté et sincérité. Rares sont les feel good movies qui percutent le monde cinématographique avec autant d’efficacité… Les studios Pixar ont déjà fait leurs preuves avec la longue filmographie derrière eux, Coco en est un énième brillant exemple. Mais alors comment les studios se surpassent-ils encore une fois ? Peut-on parler d’une façon de faire répétée et lassante ? Non. Certains reprochent à Pixar d’avoir copié un autre film d’animation : The Book of Life de Jorge R. Gutierrez (La Légende de Mañolo, produit par Guillermo Del Toro) sorti en 2014. Il y est également question d’une histoire avec el Día de los Muertos, or ce sont deux films différents dans la mise en scène (cadrage et montage par exemple) et dans le développement scénaristique des personnages. The Book of Life se concentre sur une relation amoureuse entre un homme et sa bien-aimée, Coco évoque l’appréhension d’un jeune garçon face aux nombreux membres de sa famille.

Pixar traite de l’amour dans la figure familiale, à travers le prisme de la passion. Miguel n’aura de cesse de vouloir montrer frontalement son attachement à la musique à sa famille (dans le monde des vivants ou celui des morts). Par ailleurs, la beauté de l’œuvre réside dans le fait que ce soit un film destiné à la famille qui parle de la famille. Il y a un lien affectif et empathique entre le public et l’œuvre, il se dégage du film une grande générosité et une grande sensibilité…

cocofilmconf3

La thématique de la famille était déjà traitée de manière plus minime dans Inside Out de Pete Docter et Ronnie Del Carmen (Vice-Versa), sorti des mêmes studios en 2015. Le trio entre Riley, sa mère et son père était les prémisses de la focalisation scénaristique plus grande dans Coco sur la thématique de la famille (onze personnages au total). La maturité grandissante de films en films chez Pixar est très impressionnante : l’équipe n’a de cesse de se tourner vers une véritable créativité et de repousser en même temps les limites de l’animation… Le pari est une fois de plus réussi.

Les nombreux personnages évoluent dans un univers graphique à la palette colorimétrique explosive, ce qui leur permet de s’attacher au fil narratif. En effet, les couleurs dans Coco nourrissent le récit pour la compréhension du spectateur. Le monde des vivants est globalement plat graphiquement et les petites touches de couleurs alléchantes n’attendent qu’à faire pétiller la rétine. C’est ce qui se passe lorsqu’elles s’imposeront dans le monde des morts. Par ailleurs, la fantaisie graphique sera de mise : les différentes espaces se juxtaposent (de haut en bas, de gauche à droite) et l’imaginaire foisonne à plein temps dans la tête du spectateur…

coco-movie-review

coco-pixar-film-thanksgivingEnfin, pour sonoriser tout cet univers excentrique et fantaisiste, le score de Michael Giacchino est lui aussi très pertinent. La bande originale invite le spectateur à se pencher le temps du film sur les sonorités musicales du Mexique. Une scène très parlante grâce à la musique en est un bel exemple : le spectateur suit la transformation d’un animal en esprit-éclaireur (« alebrije ») et lorsque ce dernier surgit soudainement du bas du cadre vers le centre, Michael Giacchino apporte quelques courtes notes de trompette aux tonalités aigües si alléchantes à entendre… L’inclusion de chansons (une première chez Pixar), mêlant anglais et espagnol, est surprenante mais bienvenues grâce notamment à la très belle voix d’Anthony Gonzalez (l’acteur doublant Miguel en version originale). Elles ont d’ailleurs, avec du recul, un lien très pertinent avec le développement scénaristique et la mise en scène.

coco-vr-for-oculus-rift

Coco est donc le film à voir pour les fêtes de fin d’années, d’une générosité cinématographique folle en contact direct avec son spectateur : pourquoi faire compliqué quand on peut faire aussi simple et beau ?

Baptiste.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Voir, par et sur vos écrans au cinéma…

https://www.pixar.com/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s