De l’excès à la folie dans la création artistique

Jeune romancier suisse, Jon Monnard a publié son premier roman cette année. Intitulé Et à la fois je savais que je n’étais pas magnifique, l’ouvrage à la fois entraînant et déroutant, capte le lecteur par une écriture spontanée et lyrique.

«  La création est intemporelle, figée dans l’excès, l’usure et la renaissance  »

L’auteur nous plonge dans les pensées tourmentées du protagoniste, Coska. Peu sociable et solitaire, passionné et torturé, il est le parfait cliché de l’étudiant en art. Constamment en décalage avec la société, il s’immerge dans les méandres d’un monde artificiel, jusqu’à s’y perdre. Par manque d’assurance, l’influence qu’exerce sur lui un groupe de pseudo-intellectuels met en péril son brillant avenir d’écrivain. Dans une volonté farouche d’intégration, sa quête de reconnaissance et de réussite l’emmène au plus haut, mais se révèle finalement peu satisfaisante. Eternellement incompris, sa frustration parachève son passage fugace au sein de cette société élitiste, dont les règles obscures lui échappent inlassablement.

Notoriété et relations scabreuses se confondent pour former un décorum de paillettes dans lequel l’illusion règne. L’auteur nous décrit de façon crue l’envers d’un monde, qui semble superficiel. Suggérant que les protagonistes ne peuvent en faire partie qu’en modifiant leur personnalité, Jon Monnard dépeint une vie artistique stéréotypée et extrême. Nous sommes témoins d’une ascension inattendue, suivie d’une chute abrupte. Une once de naïveté clore les périples de Coska  : la seule issue positive est figurée par l’amour véritable, censé reconstruire l’être meurtri et égaré.
Couverture du roman

«  L’acte d’écrire n’était pas un ordre, mais une spontanéité. C’était un talent artistique qui demandait du travail. Vous pouviez rester des heures assis sur une chaise à réfléchir sans savoir où aller. Parfois, il ne se passait rien. Absolument rien. »

Au gré des pages, l’inconscient du narrateur se transforme en mots. Et c’est d’ailleurs tout l’intérêt de ce livre aux dialogues parfois inconsistants. Le récit n’est au fond qu’un prétexte à l’écriture quasi-automatique et singulière du jeune écrivain.

Caroline.

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