« Bas les voiles ! » un peu d’ombre sur une religion mise en lumière

Bas les voiles ! c’est l’histoire de Chahdortt Djavann, ancienne voilée de force, elle nous raconte, comment, depuis son arrivée en France, elle a vu sa vision de sa religion changer.

C’est à la fois fort et très inquiétant, elle écrit de manière totalement libre sur un sujet si sensible, lorsqu’on la lit, on a envie de regarder autour de soi, de cacher la couverture du livre, de peur de se faire juger. Elle ne parle pas forcément de la religion en elle-même, ni de sa pratique à travers les prières ou le ramadan, non, ce livre prend un tournant purement féministe et inquiet quant à l’avenir de ces femmes.

J’ai fermé le livre à la 73ème et dernière page et je me suis sentie… Comprise.

La femme est un objet sexuel, elle appartient à l’homme, son père, son mari, et même son frère, qu’il ait 5 ans ou 20 ans.

Et quoi de plus important que de cacher son objet, afin que personne ne le convoite. Il ne doit pas être sujet de désir si ce n’est celui du mari à qui « il » doit toute obéissance. Sa façon de parler de la femme-objet –sujet bien plus fort et plus sensé que celui qu’on a en France– elle ne tarit pas de critiques, elle ne pèse pas ses mots. Elle est franche, crue, elle parle de son calvaire avec sincérité, et c’est cette sincérité qui fait naître cette peur du jugement sur une religion trop méconnue, mal jugée.

Et comme le voile est à la mode, elle l’assume, elle en est fière. Enfin celles que personne ne remarquait attirent maintenant l’attention avec le voile. […] Comme les prostituées qui dissimulent leur corps dans l’ombre des nuits pour tromper les clients, ces femmes voilées cachent leur corps, pour qu’un mari les choisisse les yeux fermés.

Et après, elle met le doigt là où ça fait mal, là où ça fait sévèrement grincer des dents :

A la petite poignée de femmes musulmanes, très minoritaires, qui ont un travail décent et ont choisi de porter le voile, je dirais que la perversité existe (il y a des prostituées, dit-on, qui vendent leur corps sans être vraiment dans le besoin, pour le plaisir). Elles sont adultes. Elles peuvent même enfouir leur corps sous une couverture en laine sous 35°C. Si ça les fait jouir, c’est leur affaire. Mais dès qu’il s’agit d’enfants, d’enfants vivants en France, qu’on prétend endoctriner et éduquer à l’aliénation en imposant à leur corps la marque sexuée de leur dépendance, je dis : Non ! Halte ! Atteinte aux Droits de l’Homme !

Les Droits de l’Homme, n’en sommes-nous pas le pays précurseur ? Paraît-il…

Je pourrai citer toutes les pages, chaque ligne, chaque mot tant ils sont tous forts de sens, de droiture et de justesse d’esprit. Mais je ne le ferai pas, je préfère vous laisser le plaisir de la lire. De la laisser  vous ouvrir doucement les yeux pour ne plus jamais voir le monde de la même manière.

Margaux G.

Note biographique : Née en Iran en 1967, C. Djavann vit en France depuis 1993. Cette romancière qui a étudié l’anthropologie a dû, contre son gré, porter le voile islamique en Iran.

Bas les voiles de Chahdortt Djavann.

Editions Folio

73 pages

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