L’air se danse au Maillon…

le-mouvement-de-l-air-3Au Maillon, est présenté cette semaine jusqu’au 8 avril, le spectacle Le mouvement de l’air par Adrien M & Claire B. Une pièce entre danse et arts numériques présentée par le Maillon, les Migrateurs et le TJP.

Le mouvement de l’air c’est de la danse, mais c’est du numérique aussi. Nous sommes mis face à un dialogue entre trois danseurs et des projections lumineuses calculées par un algorithme informatique qui interagit avec les mouvements se passant sur scène. C’est de la lumière qui est projetée, ce sont des mouvements, des images qui se répondent les unes, les autres. L’image, les images ainsi produites ont un petit côté merveilleux et fascinant, quelque chose d’hypnotique.
La danse débute comme un combat, trois danseurs courent, ils sautent l’un sur l’autre, se réunissent en couple, s’arrêtent, la projection numérique tourbillonne et s’arrête, là où ils s’arrêtent en une interaction quasi simultanée. Plus tard, l’un des danseurs est pris dans un tourbillon de pixels lumineux et improvise une danse tel un derviche tourneur, pas aussi rapide cependant. Encore après, il y a une sorte de combat entre l’un des danseurs et un monstre de lignes lumineuses: ils s’évitent, se cherchent. A un moment, les danseurs sont suspendus et jouent avec des cubes de lumière autour d’eux. Il y a aussi des jeux avec de la lumière qui est comme une fumée se déplaçant en suivant les gestes faits… Cette lumière projetée sur scène, c’est ce mouvement de l’air que nous ne voyons habituellement pas et qu’ils cherchent à nous montrer par l’interaction entre leurs corps et cet air dans lequel nous vivons.
Claire Bardainne et Adrien Mondot ont créé une pièce qui est une succession de scènes dans lesquels les corps des trois danseurs interagissent avec des lumières qui sont des représentations de l’air…

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Au sortir de cette pièce, je suis mitigée, j’ai cru déceler des bouts d’histoire, une trame à cette pièce mais ce n’était peut-être qu’une illusion, j’ai transféré des idées sur des corps qui se cherchaient, se combattaient, passaient de l’un à l’autre. C’était aussi très poétique, un peu onirique, ça confinait au magique ce dialogue entre corps et projections lumineuses. Mais qu’est-ce que ça nous dit? Qu’est-ce que ça nous raconte? Qu’est-ce que ça apporte? Je ne sais pas. « Ce spectacle cherche à donner corps à l’imperceptible: rendre visible l’invisible d’un mouvement d’air, dans ses trajectoires aux nuances infinies, imaginaire variant du plus doux et lent, au plus vif et transparent, du plus puissant au plus subtil. Ce spectacle c’est le parcours d’une respiration, le velouté d’une voix qui nous guide dans un rêve éveillé. Ce spectacle c’est le partage d’un mirage collectif où le seuil de l’impossible s’est évaporé: les images sortent de leur cadre pour devenir des espaces et des partenaires de jeu, et les corps s’affranchissent de leur poids. Pas de prouesse technique, mais un onirisme du mouvement. Les images rendent perceptible l’air, tantôt mis en mouvement leur corps. Pas d’histoire, mais une écriture par l’image et une aspiration: celle de se laisser porter par le mouvement de l’air pour ouvrir, déplacer les limites, délier les chevilles et les poignets. Laisser le rêve de vol gagner sur l’angoisse de la chute. »
Nous vivons dans un monde où l’air nous entoure, nous le sentons, nous ne le voyons pas, rarement en tout cas. Ces trois danseurs, Rémi Boissy, Farid Ayelem Rahmouni et Maëlle Reymond, se retrouvent pris dans une tempête de sable lumineuse, cela pourrait nous arriver, cela arrive… C’était beau. Etait-ce tout ce que ça pouvait être? Je suis restée sur ma faim, une faim de contenu, une faim d’histoire, une faim de bousculement. Mais cette pièce est avant tout une métaphore, qu’est-ce que le mouvement de l’air si ce n’est le mouvement de la vie? Qu’est-ce que l’air si ce n’est la vie? Et qu’est-ce que la danse si ce n’est l’art de bouger en suivant les rythmes de la vie, les rythmes de l’air?

Cécile.

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Plus d’infos:
« Le Mouvement de l’air » de Adrien M & Claire B au Maillon (présenté avec Les Migrateurs et le TJP)

à voir encore ce vendredi 7 avril à 20h30 et demain, samedi 8 avril à 18h.

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