Jean-Jacques Karpff – « Visez au sublime »

Une nouvelle exposition a ouvert ses portes au musée Unterlinden de Colmar : Jean-jacques Karpff – « Visez au sublime ». Placée sous le commissariat de Viktoria von der Brüggen et Raphaël Mariani, vous pourrez faire la connaissance de cet artiste originaire de Colmar jusqu’au 19 juin 2017. Voici une belle ouverture printanière qui devrait réussir à nourrir votre soif de culture.

10KarpffJEnfantsReisetJean-Jacques Karpff, Portrait conjugué de Frédéric, Jacques, Caroline et Colette de Reiset, vers 1818, miniature à l’encre de Chine sur ivoire, Collection particulière, 6 x 8 cm – Photo © Christian Kempf

En décembre nous vous présentions l’exposition consacrée à Otto Dix et le retable d’Issenheim au musée Unterlinden de Colmar. Aujourd’hui, le musée Unterlinden est à nouveau à l’honneur avec une exposition fraichement ouverte le 18 mars. Dédiée à l’artiste colmarien Jean-Jacques Karpff, connu aussi sous le nom de Casimir. Elle vous permettra de découvrir un travail alliant minutie et densité.

Au travers du dessin et de la miniature, l’œuvre de Jean-Jacques Karpff est mise en avant dans le vaste espace d’exposition du musée. Le sujet aurait alors pu paraître audacieux. Il n’est pas question ici d’exposer de grandes toiles ou panneaux peints, mais de valoriser de petits formats éblouissants de précision. Des œuvres qui tirent leur force de leur gabarit, mais aussi de la technique propre à l’artiste. La muséographie de cette exposition a pour ma part répondu à mes attentes. Vous serez sans doute même étonnés de son ajustement, ou du nombre d’œuvres réunies pour l’occasion : environ 220. Une exposition que nous pouvons ainsi qualifier de grande ampleur avec une soixantaine de prêteurs (institutions publiques et collections particulières).

1KarpffAutoportraitPastelJean-Jacques Karpff, Autoportrait, vers 1793, pastel, Collection particulièrePhoto © Droits réservés

Cette exposition rétrospective met en avant le travail délicat de Karpff en proposant au public d’entamer une visite « intime » sur fond de lumière tamisée, au plus près de l’artiste et de son parcours.

Né à Colmar en 1770, c’est dans cette même ville qu’il débuta sa formation de dessinateur auprès du miniaturiste François-Joseph Hohr. En grandissant, désireux de rejoindre la vie artistique parisienne, il parvint à intégrer le cercle des élèves de Jacques Louis David dès 1790. Il avait alors vingt ans. C’est à ce moment qu’il se fait appeler Casimir face à un public parisien peu habitué à la prononciation de nos noms alsaciens (Décidément, il semble que cela soit encore monnaie courante aujourd’hui). A son retour, il aura l’honneur de devenir le premier conservateur du musée de Colmar et en même temps une grande figure locale. Sa notoriété lui permettra ainsi d’enseigner à son tour le dessin et de recevoir de nombreuses commandes de portraits. Parmi ces derniers, figurait l’impératrice Joséphine. Portrait malheureusement perdu aujourd’hui, sa mémoire n’en est pas moins ravivée au travers d’autres représentations. Et si Karpff s’adonne à ce genre, il s’applique aussi dans des sujets plus poétiques et littéraires comme le mythe d’Ossian. Le vaste univers de Jean-Jacques Karpff est ainsi fidèlement reproduit au travers d’une visite en sept étapes, se terminant par son intérêt pour les arts décoratifs. Y est ainsi évoquée sa collaboration avec Henri Lebert dans l’élaboration de compositions dédiées à l’impression textile pour la manufacture Hartmann de Munster.

8KarpffSongeOssianJean-Jacques Karpff, Ossian ou Le Dernier Hymne d’Ossian, 1812, Miniature à l’encre de Chine et rehauts de gouache blanche sur ivoire, Collection particulière, 17 x 13 cm – Photo © Suzanne Nagy

Et puisque le petit est à l’honneur, afin d’apporter une réflexion plus actuelle sur le travail de de la miniature, des œuvres d’artistes contemporains ont aussi été exposées. Si vous étiez alors impressionnés par la finesse de Karpff, vous ne le serez pas moins par la patience dont ont dû faire preuve ces derniers, en visant eux-aussi au sublime.

Mais encore ?

Envie d’en savoir un peu plus sur cette exposition ? Voici un lien vers une vidéo du musée vous présentant l’artiste à l’honneur, et une seconde concernant l’exposition elle-même.

Pour les plus curieux et passionnés, deux conférences autour de l’exposition sont prévues :

  • Jeudi 30 mars – 18h30 : « La place de la miniature dans les Salons d’exposition entre 1800 et 1810 » par Dorothée Lanno, doctorante en histoire de l’art à l’Université de Strasbourg.
  • Jeudi 6 avril – 18h30 : « Costume dessiné, vêtement porté : quand la toile devient le miroir d’une époque » par Marie Schiele, doctorante à l’Université Paris-Sorbonne et Olivia Eller, assistante de conservation au Musée Historique, Musées de Strasbourg.

Pour plus d’informations et découvrir l’actualité du musée, n’hésitez pas à vous rendre sur le site du musée ou leur facebook .

Margot Fache

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