Mon père, ce héros ?

media_3307_760_360Radhouane El Meddeb et sa Cie de Soi présentent plusieurs spectacles sur Strasbourg au mois de mars, entre Pôle Sud, le Maillon et l’université. Il y a une dizaine de jours, les 14 et 15 mars derniers, Pôle Sud présentait À mon père, une dernière danse et un premier baiser, retour sur un solo de danse qui divise…

Radhouane El Meddeb, je l’avais découvert, déjà à Pôle Sud, avec Au temps où les arabes dansaient… qui mettait en scène des hommes dansant la danse du ventre, ce qui ne se fait traditionnellement pas. À mon père, une dernière danse et un premier baiser est une pièce dansée pour une personne…
Un homme est seul dans une mise en scène minimaliste : un tissu blanc est posé sur le sol noir, sur la gauche, une sculpture est posée, la carcasse d’un animal mort de l’artiste céramiste tunisien Malek Gnaoui. Cet homme n’est pas dans les canons de beauté actuels, il n’a pas un corps mince et athlétique et ce n’est pas problématique. Il est fort, ancré sur ce sol blanc, il est à moitié nu. Il est là, présent, fort, imposant. Cet homme nous tourne le dos. Pendant l’heure que dure cette pièce dansée, Radhouane El Meddeb va faire ses adieux posthumes à son père. Ce dernier est décédé, son fils n’était pas là au moment de son décès. Dans À mon père, une dernière danse et un premier baiser, il le fait a posteriori. Nous sommes face à un homme qui pleure la mort d’un être proche, qui essaie de s’en saisir, de le rattraper, de le ramener à lui, de le prendre dans ses bras. Pour nous montrer cela, ce sont des grands gestes de bras qu’il fait, il tournoie, il y a des idées de la perte, du manque, de l’absence dans cette danse. Le choix des couleurs ou des non couleurs entérine cela : tout en sobriété, les espaces tranchent les uns avec les autres et ajoutent de la force à la chorégraphie. Cet homme seul, ses bras qui se tendent le plus possible, appellent au retour de quelqu’un qui ne peut revenir. Cette absence, cette mort est présente, on la comprend, on la vit quelque part. Il y a comme une urgence dans les gestes de cet homme mais une urgence inutile, une urgence qui arrive trop tard. C’est, d’une certaine façon, courir pour rejoindre quelqu’un qui est déjà parti, quelqu’un qui ne peut pas être rejoint.

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De Radhouane El Meddeb, à Strasbourg, il reste encore des choses à découvrir… dans les jours à venir : Heroes, Fragment Campus, demain mardi 28 mars, une performance avec 4 danseurs. Ce sera à midi au Patio et à 14h au Portique. Puis les 29, 30 au 31 mars, au Maillon Wacken, vous pourrez découvrir : Heroes qui met en scène « neuf danseurs issus de différents univers, du hip-hop au freestyle, en passant par le popping, le théâtre et le breakdance. Ils ont un point commun: ils dansent n’importe où dans des espaces publics de partage, à toute heure, pour le plaisir de la pratique, du jeu et des rencontres. », ça donne envie, non ?

Cécile.

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Pour plus d’infos :

Heroes, Fragment Campus
Mardi 28 mars 2017 :
12:00 : PATIO (Hall)
14:00 : PORTIQUE (Hall)
15’ / Entrée libre
Présenté par le Maillon, Théâtre de Strasbourg, le SUAC et le dispositif Carte culture de l’université de Strasbourg

Heroes
mer. 29 + jeu. 30 + ven. 31 mars
20:30 — Durée : 1h15

Plus d’infos par là: http://www.maillon.eu/

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