« Haytham »un oeil nouveau sur le printemps arabe

J’ai toujours été très friande des histoires politiques et religieuses, au delà de ce qu’on veut bien nous en dire. A travers de nombreux ouvrages, on nous ouvre les yeux sur des non-dits pourtant non négligeables. Des faits, qui, sous nos yeux d’occidentaux nous semblent juste inadmissibles et qu’on ne cherche pas à comprendre.

Haytham nous fait vivre le Printemps Arabe de l’intérieur, sous les yeux d’un adolescent dont la soif de savoir a été plus forte que tout. Plus forte que le racisme, plus forte que la peur de sa famille.

Haytham, une jeunesse syrienne nous raconte l’histoire de son héro éponyme et de sa famille dont le père est un opposant à la dictature de Bachar El Assad. Il nous emmène à travers le rêve du Printemps Arabe à la tragédie de toute la nation syrienne. Haytham quitte son pays pour aller en France et reprendre ses études dans un état où la paix semble régner.

Mais les faits sont autres, victime de racisme, d’une administration qui le voit comme un termite de la société française. Il ne se laisse pas toucher par le comportement déplorable des gens qu’il rencontre. Il préfère se voir comme chanceux d’avoir pu mettre les pieds en France, en contrepartie tous les siens sont restés en Syrie ou fuir sans savoir s’ils ont eu la même chance que lui.

Une fois en France, il apprend que son cousin a rejoint Jabaht Al-Nosra, une branche Syrienne d’Al-Qaida.

Une fois encore, on peut noter au travers cette histoire que les clichés ont la peau dure… Très dure. La famille de Haytham est athée, ils le sont tous, de son cousin embarqué chez les extrémistes à son père, porteur de la barbe qui lui a porté préjudice à son arrivée en France.

Je dois un immense merci à tous les gens qui m’ont aidé. Je n’aurais rien réussi sans eux… […] Je remercie aussi la France, qui a été généreuse pour moi et ma famille. Mais je ne pense pas avoir démérité. […] Je suis fier d’avoir rejoint ce pays.

Et bien Haytham, sache que je suis très fière moi aussi de te compter parmi les citoyens français, et comme tu le dis si bien, tu n’as pas démérité.


Pour en revenir à la BD en soit, je trouve l’utilisation du noir et blanc très judicieux, comme pour le magnifique film qu’est la Liste de Schindler… Il ne pourrait être autrement. Loin de cette BD les dessins épurés et un peu fantaisistes. On est dans la réalité pure et dure. Des dessins que je juge secs, froids et clairement parlants. Et malgré le froid qui plane au file des pages, il est aisé de s’attacher à Haytham et à sa famille. J’en ai lu bien du mal avant d’écrire ceci, est-ce mon sens de l’empathie qui est plus développé que la normale ? Je ne sais pas.

Margaux G

Edition Dargaud
Nicolas Hénin sous les crayonnages de Kyungeun Park

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