Ne vous taisez-plus : Denise Bombardier et Françoise Laborde

Le 21 janvier dernier, des milliers de femmes et d’hommes sont entrés en résistance.
L’investiture de Donald Trump est loin d’avoir fait des heureuses et des heureux. Et on comprend bien pourquoi.

Concernant la gent féminine, Donald Trump a eu des propos obscènes, sexistes et misogynes.
Concernant les femmes qui avortent il a notamment eu l’outrecuidance de dire qu’il faudrait des punitions. Concernant les stars, il explique qu’on peut tout faire et notamment « les attraper par la chatte ».
Et en parlant de sa propre fille, il affirme : « si Ivanka n’était pas ma fille, je sortirais probablement avec elle ».
Charmant !

Et si la marche des femmes n’était pas sous le drapeau « anti-Trump » mais bien sous celui du « pro-femmes », on comprend qu’elles sont entrées en résistance contre tout ce que Trump (et les autres) représente, ne voulant pas d’un monde dans lequel elles seraient encore plus traitées comme de vulgaires chiffons. De multiples collectifs dans de nombreuses villes ont donc répondu à l’appel international de la « Women’s march » dont le point d’orgue était à Washington. Il était question d’un véritable acte de solidarité envers les femmes du monde entier.

Vous vous en doutez, je faisais partie du cortège de ce samedi 21 janvier dernier à Paris.
Et cette marche a fait écho à un ouvrage que j’ai lu il y a peu de temps intitulé « Ne vous taisez plus » de Denise Bombardier et Françoise Laborde.

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Denise Bombardier & Françoise Laborde, Ne vous taisez plus ! éditions Fayard, 2011

Ce livre, extrêmement court, est un petit bijou. Les deux femmes écrivaines et journalistes ne sont pas du genre à avoir leur langue dans leur poche. Réputées pour dire ce qu’elles pensent, la Québécoise Denise Bombardier et la Française Françoise Laborde sont entrées en résistance en prenant la plume pour clamer leur indignation concernant le fameux 14 mai 2011 plus communément appelé « L’affaire DSK ».

Les deux femmes se sont faites les porte-parole de toutes celles qui ont été victimes de viol, d’agressions ou de harcèlement sexuel. Elles mettent en évidence un problème de société : celui de la complaisance envers les hommes qui abusent des femmes jusqu’à l’acte de viol et pose une question fondamentale : « Est-ce une spécialité Française d’appeler « séduction » ce qui n’en est pas ? »

Elles refusent cette tolérance du sexisme routinier bien ancré dans nos moeurs et je les en remercie. Sans trop en dévoiler, je vous recommande la lecture de cet ouvrage au ton acerbe et engagé. Si cet ouvrage est dédié aux femmes qui ne doivent plus se taire, il l’est aussi aux hommes sans lesquels nous ne risquons pas de faire évoluer les mentalités. Dans la lutte il faut être plusieurs.

Et pour terminer, notons que le nouveau président américain n’a pas attendu longtemps avant de s’attaquer à l’avortement. Le 23 janvier dernier, celui-ci a signé un décret interdisant le financement d’ONG internationales qui soutiennent l’avortement. La résistance ne fait que commencer : mon corps, mes choix. Et pour reprendre un slogan vu et revu pendant la marche de solidarité envers les femmes : Ne nous trumpons pas en mai 2017.

Les droits de l’homme sont aussi ceux des femmes.

Vive les vulves.

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