Otto Dix hors des sentiers battus : Visite de la nouvelle exposition du Musée Unterlinden

Découverte de la nouvelle exposition hommage à Otto Dix, en place à Colmar au musée Unterlinden jusqu’au 30 janvier 2017.

Alors que le musée Unterlinden a rouvert il y a environ un an suite aux travaux d’extension réalisés par Jacques Herzog & Pierre de Meuron, sa nouvelle organisation et son architecture contemporaine attiraient déjà les visiteurs. Pour l’inaugurer, il ne fallut pas moins qu’une exposition reconnue d’intérêt national, autour d’un artiste du XXe siècle bien connu, et qui plus est, dont l’œuvre est en lien avec le chef-d’œuvre du musée. Vous n’avez pas encore deviné ? Il s’agit de l’exposition « Otto Dix et le Retable d’Issenheim » qui se tient au musée Unterlinden jusqu’au 30 janvier 2017.

Cette exposition est placée sous le commissariat de Frédérique Goerig-Hergott, conservatrice en Chef, chargée des collections d’art moderne et contemporain du musée Unterlinden. Le défi ? Démontrer la filiation entre l’artiste Otto Dix et le retable de Grünewald conservé au musée depuis 1853. Pour ce faire, une centaine d’œuvres, issues de collections privées et publiques ont été rassemblées dans le dernier étage de l’extension muséale.

L’exposition prend place dans l’aile contemporaine du musée, dite Ackerhof, dans un espace ménagé spécialement pour les expositions temporaires. Pour mettre en évidence les liens entre les deux œuvres, l’exposition a adopté un point de vue chronologique, nous permettant de suivre l’évolution stylistique, thématique et technique de l’œuvre d’Otto Dix, et ce afin de mieux comprendre les références qu’il fait à l’œuvre de son confrère du 16e siècle.

mde
Documents autour de l’exposition « Otto Dix et le retable d’Issenheim ». Plan du musée, brochure de l’exposition et plaquette de programmation.

Huit étapes clés se font ainsi voir, permettant au visiteur de plonger dans l’intimité créatrice de l’artiste, entre ses estampes, ses études et ses peintures, en le suivant dans ses différentes périodes et voyages. Ce parcours initiatique à la découverte d’Otto Dix débute ainsi par ses débuts à Dresde dans les années 1910, suivit de prêt par la première Guerre Mondiale. Faut-il rappeler que l’artiste était engagé dans les tranchés et qu’il nous en livra toute l’horreur et la violence dans ses œuvres telles que le Triptyque de la Guerre (1929-1932), Tranchée (1923), ou même toutes ses gravures de guerre à l’eau-forte ? Les années 1920 ne sont ainsi pas en reste avec ces œuvres marquantes dans lesquelles il peint la réalité de l’atrocité, sans omission ou mensonge. Des œuvres qui, tant dans la forme que par la technique utilisée, agissent déjà comme des rappels à l’œuvre de Matthias Grünewald. C’est donc ensuite l’artiste dégénéré que nous invite à découvrir l’exposition. Une période marquée à nouveau par la puissance technique et colorée de ses œuvres, qui amorcent une phase moins fiévreuse chez l’artiste qui se retire au calme loin des menaces, et qui se met à peindre des thèmes marials, saintes familles, et autres paysages. Mais la seconde guerre mondiale fait rage, et Otto Dix à nouveau sur le front, se fait arrêté en Forêt-Noire et est emprisonné à Colmar. L’exposition nous permet ainsi de redécouvrir la fameuse Madone aux barbelés (1945). Et enfin, ce sera le retour en Allemagne après 1946.

Ma conclusion : Habituellement, l’on connaît Otto Dix au travers de ses images de la guerre qu’il nous a fait parvenir. Des visions cauchemardesques, faites de déchirement de chaire, ou encore ses interprétations des années 1920. Des œuvres avec lesquelles j’ai fait connaissance pour la première fois dans les livres d’histoire au collège ou au lycée. Mais il est une part de l’artiste de la nouvelle objectivité qui ne nous est pas intime. Il était un défi ambitieux de nous plonger dans l’histoire de ce dernier, mais le pari est tout à fait réussi, et la scénographie participe à cet effet au même titre que les œuvres.

Un conseil ? Si vous ne l’avez pas encore vue, filez vite. Il vous reste un peu plus d’un mois pour la découvrir. Le musée a aussi mis en place toute une programmation autour de l’exposition. Des visites guidées et autres événements sont organisés. Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site du musée.

Margot Fache

Pour aller plus loin :
Nouvelle objectivité
Otto Dix
Retable d’Issenheim
Extension du musée Unterlinden

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s