Chronique dessinée : « Tesseract » au Maillon

Mardi 8 décembre 2015. Théâtre de Hautepierre. « Tesseract ». Équilibre. Déséquilibre. Cubes de bois. J’ai le plaisir de relever le défi de la chronique-dessiné instaurée par Cécile et Jean-Charles. (Article initialement publié le 15 décembre 2015 sur lifeproof.fr)

Dessins de Jean Charles Andrieu de Levis - Spectacle de Nacho Flores présenté au Maillon (Hautepierre) en décembre 2015.
Dessins de Jean Charles Andrieu de Levis – Spectacle de Nacho Flores présenté au Maillon (Hautepierre) en décembre 2015.

Tesseract : quezako ?

Tesseract est le nom scientifique de l’hypercube, c’est-à-dire la quatrième dimension mathématique et également une certaine représentation du temps. Finalement, le tesseract est au cube ce que le cube est au carré.

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Tesseract est une métaphore de l’être humain qui progresse dans un monde instable, une humanité de bois qui cherche à s’élever et se transcender. Une instabilité qui résonne d’autant plus dans notre société d’aujourd’hui. On nous parle de génération Charlie et/ou de génération Bataclan. Des épisodes, des attentats qui ont profondément marqué la France et le reste du monde. Mais l’instabilité ne commence pas à Charlie et ne s’arrête pas à la montée du F(haine), de l’intolérance ou du racisme. Le monde entier progresse dans l’instabilité. Les conflits y sont omniprésents (Liban, Syrie, Irak, Soudan, Palestine, Ukraine, Pakistan, Afghanistan et j’en passe). Déséquilibre, inconstance, incertitude et absurdité. L’être humain avance à tâtons dans l’absurdité. Une absurdité guerrière et meurtrière.
Malgré cette digression, je vous parle de culture. Parce que l’art, la poésie, la culture, le spectacle, etc. permettent à l’être humain d’avancer et de réfléchir sur le monde. Parce que l’art permet d’être libre. Et cette liberté est essentielle.

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Le spectacle commence. Les lumières se sont éteintes et seule une musique retentit dans la salle. Puis arrive Nacho Flores. Il avance prudemment sur des colonnes faites de petits cubes de bois superposés. Chacun de ses pas est périlleux, à la limite de la chute. Notre respiration est à la mesure de la sienne. On retient notre souffle lorsqu’il chemine sur la scène et on l’acclame lorsqu’il arrive au bout de son parcours. Avec son sourire charmeur et son accent espagnol, Nacho Flores interagit avec son public qui rit du déséquilibre. L’homme a beaucoup d’humour, même la couleur de sa chemise reprend celle des cubes de bois. Il tient un verre d’eau, joue avec une plante verte, et finit même pas se nourrir de celle-ci. Puis, effet domino, tout s’écroule.

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Des figures totémiques se dressent, l’homme est comme un enfant entouré de ses jouets. Une marionnette de cubes apparaît et une sorte de danse s’opère entre les deux.

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La tension monte crescendo, des cubes sont jetés sur la scène, proviennent des côtés cour et jardin et finissent même par tomber du plafond. L’acteur tombe à terre. Il réapparaît, les cheveux ébouriffés au cœur d’un paysage de désolation, d’une ville détruite. La lumière est tamisée, et de la où je me situe, les cubes prennent la forme d’immeubles, de petits îlots complètement détruits, en ruine.
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Puis au centre se dresse un nouveau monolithe, au bord de cette pyramide des mains s’affairent pour remettre les cubes en place. Ce sont les petites mains de l’ombre. Nacho Flores, monte sur cette pyramide, les bras en croix. En passant, une petite référence christique, avec Nacho Flores en Christ en croix au sommet du Golgota. L’artiste ne travaille qu’avec des formes géométriques, et utilise le cube comme élément principal pour construire son propos. Il crée des architectures éphémères, et entretien l’architecture de l’instant. Apparaît ensuite un escalier qui me mène nul part. Sorte d’échelle de Jacob ? Mapping vidéo, lumière, musique accompagnent l’évolution cubique du personnage. Son ascension est faite de hauts, de bas, de balancements, d’équilibres fragiles et d’effondrements. Nacho Flores défie la gravité et nous partage son monde surréaliste où l’action la plus ordinaire se transforme finalement en véritable défi.tesseract-15tesseract-16tesseract-17
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Et si j’en dis peu ou pas assez, ou que mon propos est un peu déséquilibré, c’est parce qu’il est dans l’instant et que les dessins de Jean-Charles se suffisent à eux-mêmes.tesseract-21
Bon spectacle !

Anaïs et Jean-Charles.

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