« Le Canard Sauvage » d’Henrik Ibsen

canard1Mercredi 6 mai à 8h, nous sommes accueillis avec Jean-Charles par Stéphane, régisseur général au TNS. Deux camions sont arrivés dans lesquels se trouvent les décors, costumes et autres du Canard Sauvage d’Henrik Ibsen mis en scène par Stéphane Braunschweig qui se jouera du 12 au 23 mai 2015. (Article initialement publié le 11 mai 2015 sur lifeproof.fr)

 canard2

canard3

C’est un ballet parfaitement orchestré qui se déroule sous nos yeux, nous assistons au vidage du camion puis au montage des décors. La pièce est une reprise de celle qui s’est jouée au théâtre de la colline en janvier 2014. Nous assistons au premier cycle de cette journée qui en a compté trois et s’est terminée à 23h. Sur toutes les caisses qui sont sorties des deux camions, on peut voir des autocollants sur lesquels sont inscrits le nom de la pièce, le lieu de sa création “La Colline – Théâtre national” ainsi que ce qu’elles contiennent, du son, de l’éclairage, des costumes ou autres…

canard4

canard5

canard6

Des câbles sont positionnés, tout le monde sait ce qu’il a à faire, ils ont des notices mais pas tant que ça non plus. Les caisses sont ouvertes et vidées progressivement. Nous sommes au théâtre dans le théâtre, c’est une autre mise en scène à laquelle nous assistons, chacun y a sa fonction, son rôle à jouer dans le montage de l’espace scénique.

canard7

canard8

canard9

Vu du premier balcon où nous avons choisi de prendre place, on aperçoit Hervé, sur scène, souvenez-vous nous avions visité les ateliers de création des décors qu’il dirige. Il vient donner un coup de main et apporte des pièces sur la scène. Tout autour de nous devient théâtre, décor. Pendant que certains sont sur scène en train de monter des éléments de décors, d’autres sont au deuxième balcon et installent l’éclairage. En régie, derrière nous, c’est pareil, ça s’active aussi… c’est là que la scène commence à s’éclairer en bleu. Ils sont au moins une dizaine de machinistes, quatre à la lumière, quatre au son, un accessoiriste, une habilleuse et l’équipe évoluera au fur et à mesure.

canard10

Problème mathématique : vous avez une scène qui fait X mètres et un décor qui fait Y mètres, Y étant plus grand, comment faites-vous pour qu’Y entre dans X ? Entre le théâtre de la Colline et le TNS, les dimensions de la scène ne sont pas les mêmes, le mur fait onze mètres à la Colline et il doit être ici réduit à 8,15 mètres mais tout a été prévu pour.

canard11

canard12

Parmi les moments saisis, croqués, entendus, celui du début avec le fait de tirer les femmes s’est produit quand nous sommes arrivés, mais il ne fut pas le seul moment drôle/ touchant/ informatif des dialogues auxquels nous avons pu assister, florilège : “désolé, je t’agresse avec ma lumière”, “c’est cette place-là que j’ai condamnée”, “grosso-merdo c’est ça”, “Je vais vérifier la taille de l’écran”, “On se fait des mixes de ce côté-là ?”, “on va commencer à amener les éléments du plafond”, “Il y a 70 kilos qui arrivent, septante !!!”, “il y a du monde pour glisser le mur à cour, de 14 cm ?”, après ça des câbles descendent afin de soulever le mur qui a été assemblé au sol.

canard13

On ne vous montre ici qu’une partie du montage du décor, des poules sont prévues, des sapins aussi pour figurer les grandes forêts de Norvège où Henrik Ibsen (1828-1906), auteur de la pièce, situe l’intrigue de son Canard Sauvage.

canard14

La vengeance de la forêt

Ekdal : […] La forêt se porte bien là-haut ?

Gregers : Elle n’est pas aussi splendide que de votre temps. On a beaucoup abattu.

Ekdal : Abattu ? C’est dangereux, ça. Ça vous poursuit. Elle se venge, la forêt.

« Le domaine de Høydal où se noue le drame est un vaste domaine forestier, comme il y en a tant dans les pays du Nord : un domaine où l’on fait fortune en décimant la forêt. Dans ces jardins d’Éden qu’étaient les forêts primaires, et qui aujourd’hui ont pratiquement disparu de la surface du globe, les capitalistes du bois ont commis une sorte de péché originel : ils n’ont pas seulement croqué la pomme, ils ont carrément coupé l’arbre. C’est pourquoi une culpabilité originaire fonde leur société.

(…) La destruction de la forêt, on le voit, appelle réparation. Réparation dérisoire que ce grenier des Ekdal, où l’on a reconstitué artificiellement un coin de nature avec des sapins, des poules, des lapins et un canard. Espace de compensation et d’évasion, mais aussi double-fond fantastique et menaçant, le grenier tient à la fois du terrain de jeu enfantin et du refuge des inadaptés. C’est dans cette forêt irréelle que le vieil Ekdal peut redevenir chasseur, que son fils Hjalmar fuit ses responsabilités et sa honte, et que sa petite-fille Hedvig posera à son tour un acte « irréparable »… », nous dit Stéphane Braunschweig au sujet de la pièce qu’il a mise en scène… On y va ?

Jean-Charles et Cécile.

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _

Théâtre National de Strasbourg

LE CANARD SAUVAGE, de Henrik Ibsen

Mise en scène Stéphane Braunschweig

Du mardi 12 au samedi 23 mai 2015

Horaires du mardi au samedi à 20h, dimanche à 16h

Relâche jeudi 14 et lundi 18 mai

Salle Koltès

Informations pratiques

TNS > 1 avenue de la Marseillaise 67005 Strasbourg Cedex • Tarifs > de 6 € à 28 €

Renseignements/Billetterie > 03 88 24 88 24 • Site internet > www.tns.fr

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s